ATTENTION : CE CARNET EST PRESENTE EN ORDRE CHRONOLOGIQUE INVERSE (les nouvelles les plus fraîches en tête). SI VOUS SOUHAITEZ CONSULTER DANS L'ORDRE DES EVENEMENTS, PARTIR DU BAS. MERCI A TOUS CEUX QUI SE SONT INQUIETES POUR NOUS. NOUS ALLONS BIEN ET N'AVONS PAS EU A SUBIR LES INCONVENIENTS DU TYPHON PUISQUE NOUS ETIONS PLUS AU NORD DANS LE PAYS. LA BIRMANIE EST UN PAYS MAGNIFIQUE, LE PLUS INTERESSANT QUE NOUS AYONS FAIT DURANT CE TDM. QUEL DOMMAGE POUR CES GENS SI GENTILS MALTRAITES PAR LA NATURE MAIS SURTOUT PAR LA JUNTE AU POUVOIR DONT NOUS AVONS PU CONSTATER SUR PLACE L'INCROYABLE CRUAUTE. ILS N'ONT PAS PREVENU LES POPULATIONS, ILS N'ONT RECONNU L'EXISTENCE DU TYPHON QUE 3 JOURS APRES LES FAITS, ILS REFUSENT OU RALENTISSENT L'AIDE INTERNATIONALE ET COMBLE DU CYNISME ILS MAINTIENNENT LE REFERENDUM LE 10 MAI COMME SI IL N'Y AVIT QUE CA A FAIRE. TELEVISION ET JOURNAUX PASSENT EN BOUCLE DES IMAGES DE MILITAIRES SOURIANTS DONNANT DE L'EAU AUX REFUGIES. LE JOUR DES ELECTIONS LES SEULS IMAGES A LA TELE ETAIENT CELLES DU REFERENDUM. DES BUREAUX DE VOTE REMPLIS DE MILITAIRES ET DES BULLETINS DE VOTE OUVERTS AVEC LE BON CHOIX BIEN APPARENT. SUREALISTE... ET TELLEMENT TRISTE POUR LES POPULATIONS. VIVE LE DOIT D'INGERENCE... Samedi 10 MAI 2008 « Dernier jour à Rangoun » Pour cette dernière journée à Rangoon, nous décidons de retourner au marché. Nous constatons, avec un certain soulagement, que l’activité a repris, du moins dans les rues et une partie des échoppes, même si tout autour, on ne peut ignorer les marques du passage du typhon, notamment de hauts arbres déracinés venus s’écraser sur des bâtiment, des toitures en tôle arrachées, des panneaux publicitaires dévastés etc. Nos pensées se tournent cependant vers les victimes et vers toutes ces personnes qui se retrouvent sans rien, à l’affut de la moindre épidémie. Et dire que le gouvernement n’a qu’une idée en tête aujourd’hui : le référendum, dont les résultats sont connus d’avance. A la télévision, ne seront montrées que des images de militaires en train de vote. Puis, seulement un bref passage sur les ravages du cyclone, avec des chiffres amoindris et des images montrant des militaires apporter, de façon quasi solennelle, un colis à un groupe de rescapés. Quelle honte ! Et dire que même sur place, nous nous sentons impuissants… Espérons une chose : outre l’arrivée massive d’aides, que cette catastrophe ait pour conséquence une réaction forte pour renverser ce régime insupportable. Les allées du marché sont néanmoins un peu vides et seule une partie des stands est ouverte. Les commerçants se montreront toujours aussi aimables et souriants, même si les prix affichent une certaine hausse. Nous nous laissons toutefois tenter par quelques derniers achats. Après une pause dans l’un des stands du marché, pour notre dernier riz sauté, nous continuons notre ballade avant de retourner vers notre guesthouse familial. L’accueil y est toujours aussi agréable, et nous passerons une partie de l’après midi dans le salon commun, avant de nous rendre à l’aéroport. Pour la petite anecdote, on a l’impression que des efforts ont été entrepris pour libérer au plus vite les dégâts visibles aux abords de l’aéroport, pour faire illusion auprès des quelques touristes ? Une chose est sûre, nous quitterons la Birmanie avec la vive envie d’y retourner et un réel attachement pour les birmans, et d’autant plus depuis cette tragédie… Nous arrivons à Bangkok vers 22h et très vite, nous aurons la désagréable surprise de tomber sur un chauffeur de taxi très désagréable. Malheureusement, l’accueil à l’hôtel sera, lui aussi du même acabit. Tourisme de masse oblige ! Ajoutez à cela notre arrivée dans ce quartier routard, très animé pour plaire aux jeunes, venu, semble-t-il pour faire la fête et vous comprendrez notre déception face à ce contraste… Espérons que le reste de la Thaïlande renverse ce sentiment ! Vendredi 9 MAI 2008 « Pindaya : la grotte aux 8.000 bouddhas » Il est 7 heures du matin et le taxi que nous avons pris à la journée nous attend devant l’hôtel. Nous chargeons nos bagages car ce soir nous serons à Rangoun. Avant de quitter la ville nous ramassons Alexandra que nous déposons après une heure de trajet à l’aéroport de Heho. Nous poursuivons pendant près de 2 heures de route défoncée à travers de très beau paysages de campagne dans les collines et les hauts plateaux. La terre est rouge et les lopins, labourés à la main, sont particulièrement bien entretenus. Ici encore le principal outil de locomotion et de travail sont les buffles. Nous atteignons enfin la vallée de Pindaya, but de notre escapade. A flanc de falaise où ont été érigés divers temples, se trouve la fameuse grotte aux 8.000 bouddhas, considérée comme la plus belle grotte à bouddhas de l’Asie du Sud-est. A l’extérieur, le site est dénaturé par un immonde ascenseur panoramique qui évite les dernières marches. Totalement incongru et le plus souvent inutile puisque presque tout le temps en rade faute, comme ce matin, de courant. Dès l’entrée de la grotte en revanche, on ne regrette plus les longues heures de voiture. Très bien entretenus, d’innombrables bouddhas et quelques stupas, tous très bien entretenus, le plus souvent dorés, se serrent les uns contre les autres et remplissent toute la cavité, du sol jusqu’en haut des murs. Il y en a de toutes tailles, dont beaucoup assez imposants, de taille humaine, voir plus. Atmosphère très particulière, un peu fantastique, qui se poursuit au-delà de la première grotte vers d’autres cavités et qui mérite vraiment le coup d’œil.
Après une heure de déambulation, nous ressortons et retrouvons à l’extérieur le spectacle désolant des échoppes à touristes, attendant sans espoir, toute la journée, les improbables touristes. Pas moins de 25 boutiques, vendant toutes les mêmes sacs de thé, boissons et artisanats (boîtes, sculptures sur bois, textile…), qui ne verront sans doute pas passer d’autres touristes que nous aujourd’hui. Nos valises sont déjà pleines de souvenirs de ce type et nous nous contentons d’acheter un peu de baume du tigre (c’est amusant de respirer des odeurs sorties de l’enfance) histoire d’acheter quelque chose. Une des spécialités de Pindaya est la réalisation artisanale d’ombrelles. Après quelques minutes de voiture nous nous garons dans la cour d’une maison. Une famille vit là et a transformé son rez-de-chaussée en atelier vente. On voit bien que, compte tenu de la situation, le travail se fait au ralenti pour ne pas accumuler des stocks invendus mais, de bon cœur, chaque membre de la famille se remet à l’ouvrage pour nous faire découvrir toutes les étapes de la fabrication des ombrelles. Une visite très enrichissante et agréable où tout est fait de façon artisanale avec des trésors d’ingéniosité. La pâte à papier est réalisée à partir d’écorces d’arbre, bouillies, malaxée puis étendue à sécher sur de grands tamis.
Des fleurs sont rajoutées pour faire des motifs. Le papier est ensuite teint avec une coloration naturelle à base de fruits. L’ossature est elle composée de bambous et autres bouts de bois. Le résultat est très sympa et comme les prix demandés sont sages, nous repartons avec notre lot d’ombrelles et d’éventails. Après un rapide déjeuner en ville, nous refaisons la route en sens inverse jusqu’à l’aéroport. Le vol se déroule sans encombre jusqu’à Rangoun, en faisant étape à Mandalay puis à Bagan (ce qui permet d’admirer de nouveau du ciel l’extraordinaire forêt de stupas. En approchant de Rangoun, c’est une autre histoire : l’ensemble de la région semble comme inondée. Malgré l’ampleur de la catastrophe et l’urgence de la situation, l’aéroport de Rangoun est étrangement calme. Aucune trace d’aide internationale ou d’activité liée à des opérations d’urgence. C’en est choquant quand on entend désormais parler d’environ 200.000 disparus et que la junte semble toujours réticente à laisser arriver l’aide internationale. Nous partageons un taxi pour rejoindre notre hôtel en centre ville. La situation semble revenir progressivement à la normale dans Rangoun (mais qu’est-ce qu’une situation normale). Un peu partout des tas de branches, des arbres déracinés, des poteaux électriques à terre, des billboards défoncés, quelques toitures arrachées et quelques vitres brisées. Nous avons de la chance car, dans le quartier où se trouve notre guesthouse, le courant a été rétabli ainsi que le passage de l’eau dans les canalisations, du fait de la présence proche d’un hopital.. Finalement nous sommes chanceux et privilégiés jusqu’au bout. Jeudi 8 MAI 2008 « Visite "accompagnée" du site de Kakku » A 8 heures, nous retrouvons Alexandra, avec qui nous allons passer une partie de la journée, pour découvrir le site archéologique de Kakku, à 2h de route. Nous avons très vite accroché avec cette autrichienne qui passe quelques mois en Asie, le temps de faire un break. Ce trajet en voiture est l’occasion de faire ample connaissance. En chemin, notre chauffeur s’arrête devant un bureau officiel, où nous devons payer un droit d’entrée pour aller jusqu’au site désiré. Mais ce n’est pas tout, nous devons prendre un guide, à nos frais, c’est obligatoire. Inutile de chercher le pourquoi du comment ni à éviter la chose, nous ne pourrons aller plus loin sans être accompagnés… Une façon plus ou moins discrète pour nous suivre à la trace, sur ce territoire longtemps fermé aux étrangers. Nous tenterons d’obtenir une réelle explication de notre guide qui parle assez bien l’anglais, mais sans succès, elle a bien été briefée, ou simplement risque-t-elle peut-être quelque chose à admettre l’aberration de cette mesure. Bon, soit… nous obtiendrons quand même quelques informations sur la situation à Rangoun, qui semble se remettre très lentement du puissant cyclone. La situation, en revanche, dans la région du delta semble particulièrement préoccupante. Heureusement, le gouvernement aurait quand mêle accepter de l’aide extérieur, au moins en riz et en eau.
Nous demeurons malgré tout impatients de connaître l’état réel de la situation, et réalisons, de nouveau, l’incapacité, si ce n’est l’inconscience malheureusement volontaire du gouvernement qui n’a pas prévenu les populations à risque à temps et qui ne semble pas disposé à apporter toute l’aide nécessaire à ces personnes sans abris … Nous ne pouvons nous empêcher, une fois de plus, de réaliser la chance que nous avons d’être européens, d’être libres et de ne manquer de rien… Je ferme là la parenthèse, même s’il y aurait encore beaucoup à dire là-dessus. Sans transition - 2 heures plus tard, nous arrivons à destination, devant cette étendue de plus de 2500 stupas, rassemblées parallèlement sur une surface d’environ 1km. Bien que des experts locaux soient venus observer de près cet ensemble (impossible de savoir si l’UNESCO a pu accéder à ce site), peu d’explications ont été émises quant à l’origine et à l’objet d’un tel rassemblement d’édifices, si ce n’est que ces derniers ont été réalisés à différentes époques, entre le XIIème et le XVIIIème siècle. Le résultat, aujourd’hui est encore impressionnant, du fait du nombre de stupas abritant de petits bouddhas, mais surtout de la présence de réalisations authentiques, marquées par le temps. A cela s’ajoute le doux cliquetis des clochettes montées sur les pics des stupas. Cependant certains édifices ont déjà été restaurés de façon très contestable (ils les recouvrent d’enduit neuf), et les autres devraient subir le même sort, ce qui est, pour nous occidentaux, plus que regrettable car la richesse que constituent ces éléments anciens risque de disparaître. Tout simplement parce qu’ici, la majorité des habitants n’ont pas la même sensibilité vis-à-vis des réalisations anciennes. Ils préfèrent de loin, un édifice en ciment unifié avec une statue en imitation marbre, qu’un ancien stupa en brique avec un bouddha qui s’effrite. D’ailleurs une fois un bouddha ancien abîmé, les villageois ont l’habitude de tout simplement le jeter pour en mettre un neuf. Quel dommage ! Vraiment, ce site risque de perdre tout son charme… Raison de plus pour prendre le temps d’admirer ces vestiges temps qu’il est encore temps. Nous reprenons ensuite la route, tranquillement vers le lac Inlé, en traversant de jolis paysages, en saluant à chaque fois les habitants qui nous font signe. Puis, soudainement, le moteur de la voiture commence à montrer des signes de faiblesse, puis, plouf, plus rien, la voiture s’arrête. Il est midi passé et forcément à cette heure là, le soleil tape. Le chauffeur sort regarder de près le moteur. Le temps passe alors qu’une petite bande d’enfants est venue s’attrouper autours de la voiture. Ces derniers iront ensuite alerter les habitants de la maison voisine (heureusement que c’était l’heure de la pause !) qui nous dépanneront avec des bidon d’eau. Bon, côté technique de voiture je ne m’y connais pas trop, mais je crois qu’il s’agissait d’un problème de liquide de refroidissement… Notre chauffeur nous fait comprendre qu’il nous faut attendre pour que le moteur refroidisse. Ok, soit, mais sous un soleil de plomb, ce n’est pas gagné. Jérôme (beaucoup connaisse son expérience inégalable en matière de voiture, n’est-ce pas !!?) essaie de faire comprendre avec diplomatie, qu’il serait sans doute préférable de tenter de faire redémarrer la voiture en la poussant dans la descente. Notre chauffeur accepte et ni une ni deux, les villageois, Jérôme et Alexandra se mettent à pousser la voiture, sous les encouragements de Choupinette et moi, restées sur le côté. Ce n’est qu’au bout de cinq bonnes minutes que nous verrons réapparaitre la voiture, en état de rouler ! Ouf, on peut repartir. Une pause rapide dans un petit boui boui, où nous serons, plus que jamais, l’objet de toutes les attentions et nous voilà repartis, mais cette fois, accompagnés d’une forte pluie qui n’empêche pas le travail de se poursuivre dans les rizières. Celle-ci nous suivra jusqu’à notre hôtel, et même plus. Heureusement, elle s’arrêtera en fin de journée l’occasion d’aller se balader dans le centre. Comme les jours précédents, nous allons nous renseigner dans la petite agence qui dispose d’Internet, pour savoir si la connexion est rétablie. Coup de chance, cette fois c’est le cas. Nous nous empressons d’envoyer des messages rassurants en France car personne n’était au courant de notre itinéraire en Birmanie et nous pouvons imaginer l’inquiétude de nos proches devant les reportages sur la situation suite au cyclone… Nous faisons partie des chanceux qui n’étaient pas dans les zones à risques lorsque ce désastre à eu lieu. Nous retrouvons ensuite Alexandra avec qui nous choisissons de dîner dans un resto familiale, au doux non de Smiling Moon. L’accueil y est chaleureux, et très vite, Maëlys s’est trouvé deux enfants pour jouer. Le père, qui travaille à l’agence qui jouxte le restaurant, vient nous présenter poliment ses 2 enfants et discuter un peu avec nous. Un peu plus tard, il reviendra nous voir, gêné en nous demandant si nous étions français. Nous acquiesçons et l’invitons à poursuivre, devant son air embarrassé. Il souhaite nous demander une faveur : rédiger avec lui une lettre pour un ami français (en fait un ancien client) à qui il doit faire part d’une requête particulière. Il nous fait alors part, en détails, de la situation difficile dans laquelle il se trouve, à deux semaines d’une expulsion de son logement et son besoin d’avancer 1 an de loyer pour pouvoir y rester. Tout cela alors que la situation touristique est quasi-nulle en ce moment et que cela risque de durer un moment, du fait des derniers événements, et que sa femme est enceinte de 7 mois… Nous avons passé un long moment avec lui, essayant de trouver le meilleur moyen de rentrer en contact avec son ami et surtout de trouver le moyen de faire parvenir cet argent jusqu’ici… nous le quitterons plus tard, munis de la lettre et de l’adresse du fameux amis, en laissant quelques billets en espérant faire patienterle propriétaire. Devant le regard reconnaissant de cet homme, nous sommes repartis souhaitant de tout cœur apporter ce peu d’aide à cette famille désemparée et qui ne peut obtenir un quelconque soutien de ce gouvernement qui semble insensible aux besoins de son pays et de ses habitants. Mercredi 7 MAI 2008 « Balade à vélo autour du lac Inlé »
Aujourd’hui, nous avons décidé de passer la journée à nous balader à vélo autour du lac Inlé. En milieu de mâtinée nous récupérons 2 vélos chez le loueur, dont un équipé avec un petit siège bébé (rustique) accroché au guidon. Nous quittons rapidement la petite ville et nous retrouvons dans la campagne très verte et très calme. En chemin nous respirons une odeur sucrée très marquée. A côté se trouve une petite usine (très artisanale) de fabrication de sucre à partir de sirop de canne. L’occasion pour nous d’une visite impromptue et de discuter avec le patron qui semble tout fier que l’on s’intéresse à son affaire. De plus, il n’a pas l’air trop occupé, contrairement à ses jeunes ouvriers qui triment pour acheminer la sciure de bois à la chaufferie. Des installations sommaires et très rustiques qui lui permettent quand même de produire environ 600 kg par jour. C’est également à l’occasion de cette visite que nous rendons compte de l’ampleur du typhon qui a touché le sud u pays. Les dernières informations qu’il nous livre font état de plus de 20.000 morts et de 50.000 disparus. Cela fait froid dans le dos alors que nous avons quitté Rangoun 3 jours avant la catastrophe et que, à 500 kms à l’intérieur des terres, nous n’avons pas eu le moindre coup de vent. Nous poursuivons notre chemin en faisant une étape pour visiter un magnifique hôtel avec chalets sur pilotis au bord du lac. Superbe, mais à 200 $ la nuit, nous nous contentons de rêver un peu.
La fin de mâtinée approche et Maëlys commence à piquer sérieusement du nez, assise sur son petit siège. Il est temps de faire une pause technique afin qu’elle puisse récupérer. Au milieu de nulle part il y a heureusement un monastère au détour du chemin. Des travaux d’agrandissement sont en cours et, comme c’est l’heure de la pause, nous nous allongeons sur les nattes parmi les ouvriers et les ouvrières à l’intérieur du temple en cours de rénovation. Autant dire que plusieurs dizaines de paires d’yeux sont fixées sur notre étrange équipage flanqué d’une petite fille aux cheveux d’or. La conversation est limitée mais les regards sont là. Le temps pour Maëlys de faire ses ¾ d’heure de sieste et nous ré-enfourchons nos vélos. Nous sommes tout près du lac et le chemin nous y mène directement. Devant nous apparaissent les fameux jardins flottants, essentiellement des cultures de tomate. Au bout du chemin le lac et une longue passerelle en teck qui mène à un village sur pilotis. Arrivés au bout, le seul moyen de rejoindre les maisons est la pirogue. C’est là qu’une jeune fille nous propose de venir déjeuner chez elle dans son restaurant (restaurant est un bien grand mot pour 2 tables en terrasse de sa cahute). Et pourquoi pas ? Et nous voilà délaissant nos vélos pour la barque qu’elle dirige de la façon traditionnelle des gens du lac : en ramant avec une jambe, l’autre en équilibre à l’extrémité de la barque. Le repas est quelconque mais, attablé à la terrasse, nous captons la vie du village, les allées et venues des pirogues à rame, le travail dans les jardins flottants, le retour des pêcheurs… Toute une vie sociale qui demeure authentique et active. Rassasiés, nous affrétons une pirogue à moteur pour traverser le lac. Une demi-heure plus tard nous débarquons avec nos vélos sur l’autre rive sous une belle averse. Nous nous abritons dans un monastère. Retour du beau temps, nous poursuivons notre balade à travers forêts de bambous, champs et villages puis sur une route déglinguée qui surplombe de magnifiques rizières en bordure du lac. Nous arrivons en ville en fin d’après-midi et nous croisons une connaissance, Alexandra que nous avons déjà rencontrée à 2 reprises sur d’autres sites. Nous décidons de dîner ensemble et passons une agréable soirée en terrasse d’un petit resto qui fait d’excellentes pizzas. Un soulagement quand on commence à saturer de « fried rice » et « fried noddles ». Mardi 6 MAI 2008 « Inoubliable lac Inlé » Avec du recul, cette journée a sans doute été l’une des plus intenses de notre voyage. Nous sommes partis en début de matinée à bord d’une pirogue effilée pour découvrir la vie autour et surtout sur le lac Inlé. Cette région est habitée par les Intha, une minorité ethnique particulière qui a fait preuve d’une grande ingéniosité pour faire en sorte que les bords de ce lac puissent devenir leur lieu de vie. Encore aujourd’hui, c’est une des rares ethnies à pouvoir vivre de manière quasi autarcique, du fait de la pêche certes, mais aussi grâce à leurs cultures sur des jardins flottants. Grâce à notre petit bateau, à peine engagés sur le lac, nous apercevons ces cultures, notamment de tomates, qui sont régulièrement enrichies par les algues mêlées de vases puisées au fond du lac. Dans ce paysage où la nature prime et l’atmosphère est douce, nous admirons les maisons sur pilotis de part et d’autres, certaines de grandes tailles et tout en teck. Nous croisons également les pêcheurs qui ont leur technique bien à eux : debout, presque en équilibre à l’extrémité du bateau, le pêcheur navigue en effectuant de larges mouvements circulaires avec la jambe, qui entoure la rame. Le plus surprenant reste lorsque ce dernier cale le haut de la rame sous son bras pour avoir les mains libres, tout en continuant à ramer ! Il peut ainsi repérer le poisson, plaquer la sorte de panier conique à cet endroit et planter sa longue pointe à plusieurs reprises du haut de la nasse pour piquer le poisson. Ces méthodes semblent fonctionner car tous la pratiquent et qu’il y a du poisson au marché !
A ce propos, notre première escale sera le marché du village de Nan Pan, un marché itinérant où les tribus montagnardes viennent se réapprovisionner. Là, c’est vraiment de l’authentique, hormis les quelques stands d’artisanat, plutôt destinés aux éventuels touristes, pour le reste, il s’agit de villageois des environs venus vendre leurs petites récoltes dans des paniers ou des feuilles de bananiers. A cela s’ajoutent les stands, disons, spécialisés, à petit échelle : le pharmacien avec son petit étale de gélules, sirops et autres remèdes, le vendeur d’essence dans des bouteilles de coca etc… L’animation est de mise, les échanges sont nombreux et les sacs se remplissent. Au bord, les charrues avec les mules ou les buffles attendent le retour de leurs maîtres, parmi les chiens, canards et autres cochons qui évoluent au milieu de tout ça le plus naturellement du monde ! Autant Maëlys attire les regards, autant le notre ne sait où donner de la tête, avec tous ces visages de cartes postales : entre les femmes Shan avec leur tissu coloré enroulé sur la tête, les enfants qui jouent et les vieilles dames qui fument le cigare local, il y a de quoi faire des photos ! Nous continuerons notre chemin en nous enfonçant à travers les canaux, bordés d’habitations en rabanes et teck, et nous nous arrêterons à un atelier de tissage. Outre le travail complet de la soie, depuis son état brut à la réalisation de foulards et vêtements, nous avons découvert le travail minutieux de la fibre de lotus : après avoir entaillé la tige, l’artisan récupère de menus filaments, qui, une fois rassemblés, donnerons des fils. Ces derniers serviront de matière première pour le tissage de différents accessoires, qui se révéleront, au final, plus onéreux que la soie ! Notre pirogue nous emmènera ensuite auprès d’un atelier confectionnant les cigares, lui aussi dans une maison sur pilotis, avec son plancher en teck, sur lequel on marche avec beaucoup de plaisir (voir plus, n’est-ce pas Choupinette !). Même si nous sentons bien que la famille s’est mise au travail en nous entendant arriver, la fabrication des cigare locaux reste artisanale, à base d’un mélange d’écorces, d’anis, de canne à sucre, de banane et d‘alcool notamment. Les enfants manient la chose avec aisance, sous le regard admirateur de Maëlys. 
Même si nos achats restent limités, nous sommes à chaque fois reçus avec beaucoup de gentillesse, ce qui est bien agréable ! Nous déjeunerons ensuite dans l’un des petits restaurants du village, toujours sur pilotis, au milieu des canaux, où nous croiserons la moitié de la douzaine de touristes, maximum, qui doit être en ballade sur ce grand lac (50 kms de long) aujourd’hui. Arrêt pour visiter la pagode, pas la plus intéressantes que nous ayons vu mais elle a la particularité d’être également sur pilotis, puis nous nous arrêtons au village d’In Dein, à la frontière avec une région longtemps en rébellion, donc longtemps interdite aux étrangers. Après avoir traversé la place du marché, vide en cette fin d’après midi nous remontons un très long escalier couvert (600 m), bordé d’étals dont une partie est déjà bâchée. Il en reste cependant plusieurs présentant toutes sortes d’objets, plus ou moins authentiques et tout cela, rien que pour nous, car à cette heure-ci, nous sommes sans doute les deux derniers touristes de la journée, voir même les seuls ou quasiment. Nous ne pouvons que comprendre l’attitude des vendeurs, cherchant à attirer notre attention sur telle ou telle chose, dans l’espoir de vendre. Nous céderons pour quelques objets mais impossible de quitter ce lieu sans une ointe de culpabilité vis-à-vis des autres vendeurs repartis bredouille… En revanche, ce que nous avons découvert en haut de cet escalier, la pagode d’Alaungstthou, nous a beaucoup séduits : une étendue de quelques mille stûpas de style thaï, à demi enfouie sous la végétation. Seule une partie vient d’être restaurée, le reste demeure authentique, du XVIIème. Comme nous sommes seuls à arpenter ce lieu de vénération, nous sommes vite emplis d’une certaine émotion presque une envie de recueillement… En redescendant, nous rencontrerons un artisan exceptionnel : un jeune homme n’ayant plus ses bras et seulement une jambe, en train de réaliser de fines peintures sur des boites en bambou, le pinceau calé entre les doigts de pied de son unique jambe. Son travail, déjà pas facile à réaliser avec nos mains, force le respect et l’admiration. On ne peut passer sans s’arrêter ni acheter au moins l’une de ses œuvres. 
Nous remontons à bord de notre pirogue qui sillonnera entre les jardins flottants, ou plutôt potagers flottants avant de s’arrêter devant un atelier-boutique, d’un genre un peu particulier : un peu plus tôt, notre pilote nous a proposé d’aller voir une femme girafe. Nous avons accepté, étonnés de se voir proposer cela ici. Et bien oui, à peine débarqués sur le petit ponton devant l’atelier, une dame d’un certain âge nous accueille d’un sourire, du haut de sa vingtaine d’anneaux autours du cou. Plus que d’un étirement du cou, nous avons plus l’impression qu’il s’agit d’un tassement du dos et des épaules. Et dire que ces anneaux représentent une bonne vingtaine de kilos ! C’est assez surprenant à voir de près mais je ne peux m’empêcher de penser que cette femme, tout comme toutes les autres, doivent souffrir ou du moins être gênées au quotidien avec cet accoutrement, objet de beaucoup de légendes quant à son origine. Elle se prête au jeu de la photo, tout sourire, sans réclamer de contrepartie. Pourtant, on sent bien qu’elle n’est pas là dans son cadre de vie, encore moins là, dans cette pièce remplie d’artisanat destiné au touriste (qui est, certes, rare ces temps-ci mais quand même). Petit malaise… Le petit trajet à travers les canaux parfois tout juste assez larges pour le passage d’une pirogue, nous permettra de diffuser ce malaise, surtout devant le spectacle qui s’offre à nous : autour de nous, les habitants vaquent à leurs occupations habituelles, sans que notre présence ne les perturbe : les enfants jouent à s’asperger dans l’eau et à faire des sauts au passage d’un bateau, tandis que les adultes se lavent vêtus de leurs longis retroussés. Les femmes, une fois sorties, prennent soin de se coiffer en glissant quelques fleurs dans les cheveux … On en oublierait presque qu’il s’agit là d’un lac ! 
Notre dernier arrêt se fera au monastère de Nga Phe Chaug, plus connu sous le nom de « monastère des chats sauteurs » du fait d’une habitude prise par les moines d’alors, qui faisaient sauter les chats venus se blottir contre eux durant leur méditation. Certes nous avons vu quelques chats, dans cette grande pièce tout en bois et garnie de plusieurs beaux bouddhas, mais les deux moines présents n’ont pas semblé vouloir nous montrer les exploits de ces fameux chats… En attendant, Maëlys s’est bien amusée avec eux ! Nous retrouvons notre embarcation alors que le soleil commence à s’éclipser, il est temps de rentrer… Le chemin du retour est lui aussi très plaisant, à la lumière tombante, créant ainsi une atmosphère paisible… Ah, quelle belle journée !  Lundi 5 MAI 2008 « Arrivée dans la région du lac Inlé » Nous quittons notre petite guesthouse de bonne heure pour prendre l’avion qui nous amènera à proximité du lac Inlé. Après une petite heure de taxi nous atteignons l’aéroport, perdu en pleine campagne et, sinistrement désert. Une belle aérogare tout récente mais vide de voyageurs et de boutiques. Assez spécial. Passés les contrôles de sécurité nous retrouvons enfin un peu de monde qui attend les rares avions de la matinée. Des avions pourtant il n’en manque pas sur le tarmac. Ils sont au moins une dizaine des différentes compagnies intérieures. A croire que toute la flotte de Birmanie est venue se réfugier ici à l’annonce de l’arrivée du typhon qui a ravagé 3 jours plus tôt le sud du pays. On n’a encore que peu d’information mais il semble déjà que ça a été terrible. D’ailleurs, après 72 heures d’interruption, c’est ce matin que reprennent les vols en direction de Rangoun. Pour notre part nous nous arrêtons en chemin à l’aéroport de Hého, après moins d’une demi-heure de vol. Les routes sont telles qu’en voiture il nous aurait bien fallu dix heures. On débarque et, comme à Mandalay, recommence le racket des taxis qui se sont entendus pour fixer des prix sans rapport avec la réalité. Et comme là encore l’aéroport est bien isolé et qu’il n’y a pas de bus, on ne peut pas négocier grand-chose. La course pour rejoindre la ville de Nyaungshwe, près du lac, est proposée à pas moins de 35 $ pour ¾ d’heure de route (à titre de comparaison c’est moins de 6 $ pour une durée identique à Rangoun). On se groupe avec un touriste américain et la course est finalement négociée à 28 $. Arrivés à Nyangshwe avant midi, on commence par visiter 3 ou 4 hôtels et on porte notre choix sur le Teckwood, un beau petit établissement, tout en teck comme son nom l’indique, avec de belles chambres à des prix très sages (10 $).
Déjeuner dans un boui-boui puis nous retournons à l’hôtel laisser Maëlys récupérer des derniers jours qui ont été particulièrement chauds. Courant d’après-midi nous partons découvrir la ville avec un moyen de transport inédit pour nous : le vélo. Nous avons trouvé un loueur qui dispose d’un siège bébé à monter sur le guidon, rustique certes mais bien utile ! Ca fait l’affaire et Maëlys est toute contente de se promener ainsi. La ville est très verte, bordée de canaux et ressemble plus à un village qu’une ville. Vélos, chevaux, buffles et quelques camions déglingués et surchargés se partagent la chaussée. On semble être dans une autre époque et les hôtels et guesthouse sont désespérément vides de touristes. Le soir tombé, comme un peu partout ailleurs au Myanmar, les générateurs animent les rues à défaut de courant. La température est particulièrement agréable dans cette région située à 900 mètres d’altitude. On peut enfin dîner tranquillement dehors sans étouffer ce dont on profite, là encore, en étant parmi les seuls étrangers en ville. Dimanche 4 MAI 2008 « Découverte des capitales royales » La nuit ne fut pas rafraîchissante et pour tout dire, nous avons eu bien chaud. Notre chambre (dans la très recommandable Royal Guest-house) est pourtant pourvue d’une clim mais l’électricité n’a pas été distribuée avant 5h du mat. Heureusement que nous avions quand même, un petit ventilo. Ce n’est pas une raison pour trainer, d’autant plus que nous avons réservé une voiture, enfin, une sorte de mini camionnette basique, avec chauffeur (vous l’aurez compris, en temps qu’étranger nous ne pouvons pas louer de voiture seuls) pour la journée. Nous commencerons par visiter le monastère Shwe Nandaw, dont l’architecture est exceptionnelle : tout en bois de teck, cet édifice, qui faisait partie à ses débuts du palais royal est orné de minutieuses sculptures et frises décoratives qui ont pu résister aux forces de la nature. En cette heure matinale (le guichet s’est empressé d’ouvrir ses portes à notre arrivée) nous sommes les seuls à pénétrer dans ce lieu où règne comme un petit air de mystère. Nous sortirons ensuite de Mandalay pour nous diriger vers l’une des 4 capitales royales, Amaràpura. En route, nous nous arrêtons visiter un atelier de soie où le travail se fait encore avec des métiers à tisser. Nous sommes restés un bon moment à observer ces artisans travailler avec ces milliers de fils de soie, notamment 3 jeunes filles qui réalisaient en même temps des broderies sur le foulard en cours de tissage. Quelle dextérité pour manier les bobines et navettes ! A Amaràpura, à peine descendu de notre petite camionnette, un petit groupe d’enfants et de jeunes mamans s’attroupe autour de nous cherchant à attirer l’attention de Maëlys, qui, se montrera un peu agacée par tous ces gestes (il faut la comprendre, elle est constamment sollicitée, sans comprendre que cela part d’un bon sentiment). Nous parvenons à communiquer avec les gestes et leurs quelques mots d’anglais.
Ces enfants qui semblent vivre de 3 fois rien arborent quand même un large sourire et ont des visages attendrissants, surtout, ce qui peut paraître à nos yeux d’étrange maquillage. Il s’agit en fait d’une sorte de pâte argileuse, du Tanakah, que nombreux birmans s’appliquent sur le visage (parfois, comme ici, en dessinant des motifs) qui aurait des vertus médicinales et protectrices contre le soleil. Une jeune femme me propose d’en appliquer sur le visage de Maëlys. Choupinette ne semblant pas disposée à jouer le jeu, je me propose de servir de modèle en espérant la convaincre. Mais cela ne la convainc pas plus… tans pis, en attendant, je suis ravie de mon maquillage protecteur que je garderai toute la journée ! Nous faisons quelques pas et nous retrouvons très vite au cœur de l’activité du monastère Mahagandhayon qui est en fait un centre d’éducation générale pour enfants défavorisés. Ces derniers suivent un mode de vie assez drastique et codifié. Justement, nous arrivons juste au moment de leur seul vrai repas : à 10h15 pétante, nous assistons au rassemblement des moines de tous âges, s’alignant les uns derrière les autres devant le réfectoire. S’ensuit alors la distribution de l’aliment de base du jour, là des pommes de terre auxquelles viendrons s’ajouter différents mets disposés sur les tables. Tous restent silencieux et semblent insensibles à la présence d’un petit public. Oui, cette fois nous ne sommes pas seuls à visiter ce lieu de vie, un car de touristes est arrivé, avec parfois des appareils photos pas très discrets… Qu’importe, le cérémonial a quelque chose de captivant, surtout aux abords du réfectoire où j’ai pu voir l’un des jeunes moines quitter la salle à manger avec de la nourriture qu’il s’est empressé de distribuer à un petit groupe « d’enfants des rues » qui semblait l’attendre. Après avoir arpenté les allées et recoins du monastère, nous retrouvons notre chauffeur pour aller vers le pont d’U Bein, ce long pont de bois de teck de 1200m, construit en 1849 avec les restes de bois d’un palais abandonné. 
En le parcourant nous pouvons admirer le paysage où le temps semble s’être arrêté, entre les paysans travaillant dans les champs à même les mains ou avec des chars à bœufs et les bateaux évoluant lentement sur l’eau… Bien sûr il y a quelques vendeuses de petit artisanat (dont celui à base de graine de pastèque, pas mal en plus !) mais leur approche est tellement discrète et polie. On est loin de l’attitude insistante voir plus, des vendeurs du Vietnam entre autre… Et puis encore et toujours ces sourires lumineux, des vendeurs certes mais de tous les autres birmans que nous croisons…c’est tellement touchant ! L’étape suivante Sagaing, l’un des hauts lieux bouddhiques, souvent comparée à Bagan. Il est vrai qu’une fois arrivés au sommet de la plus haute colline, à la pagode U Ponya (encore de très long et hauts escaliers !!) nous avons pu admirer la magnifique vue sur la trentaine de colline alentours avec ses très nombreux stupas. Autant Bagan a un coté mystique et magique avec ses stupas couleur brique autant Sagaing offre une vision de grandeur avec ses temples aux sommets d’or. Nous finirons notre visite des anciennes capitales royales, par Inwa. Pour y accéder, nous devons d’abord rejoindre l’autre rive à bord d’une grande barque. Nous avons de nouveau un petit comité d’accueil, dont 2 fillettes qui nous accompagnerons jusqu’au bateau avec leurs petits colliers. En chemin, elle nous réciterons avec beaucoup d’entrain, leur « argumentaire de vente » soigneusement appris en 6 langues, dont le japonais. En français, ça donnait (avec l’air chantant !!) « C’est mignon, c’est jolie, c’est pas cher, c’est local, c’est moi qui l’ai fait, voulez-vous m’en acheter ?… c’est parti mon kiki ! » pas mal non ? Pour les autres versions, voir la vidéo dans la rubrique « vidéos ». Adorable ! Elles seront même là à notre retour, 2 heures plus tard, toujours aussi souriantes ! Une fois débarqués, nous montons dans une carriole, au tarif imposé d’avance, sans avoir beaucoup de choix car les sites sont assez éloignés. Nous qui étions un peu sceptiques quant à ce parcours prédéfini, nous en sommes revenus enchantés : 2 heures de découvertes avec, entre autres - le monastère de Bagaya, tout en bois patiné, pas aussi travaillé que celui de ce matin, mais tout aussi mystérieux, surtout vide comme à cette heure là. – La Tour du Palais, seule vestige qui survécut d’un puissant tremblement de terre vers 1840 et qui a une inclinaison « tour de Pise » aujourd’hui. Mais le plus marquant reste les paysages de la campagne birmane avec ses habitants que l’on peut facilement aborder et qui acceptent pudiquement mais avec peut-être une touche de fierté, d’être pris en photo. L’occasion d’immortaliser des visages si expressifs et toujours illuminés de ce sourire…Des échanges de regards qui ne laissent pas indifférents. Cette journée bien remplie se terminera en toute simplicité, avec un diner dans un boui boui familial et plusieurs douches avant de se coucher, sans clim mais avec de beaux souvenirs en tête ! Samedi 3 MAI 2008 « Balade sur le fleuve et découverte des ateliers d'artisans » Le ciel est un peu voilé ce matin. Nous espérons que cela va durer car on souhaiterait éviter de cuire à nouveau comme la veille. Côté météo d’ailleurs, plus au sud, on appren
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