2ème partie

Récits de voyage > journal de voyage
Inde - Inde du Sud
de MAJ, le 18-06-2008

2ème partie

 
Lundi 16 JUIN 2008
« The end »

Cette fois c’est la bonne, nous rentrons après 287 jours de voyage. Nous chargeons notre barda à bord du bus navette qui nous conduit au fameux nouveau terminal 5 d’Heathrow. Ouf, l’avion n’est pas annulé. Dernier décollage, Maëlys adore toujours autant l’avion, il va falloir qu’elle s’habitue à s’en passer maintenant. Une heure plus tard nous sommes à Roissy. Nous attendons près de trois-quarts d’heure pour débarquer, le temps qu’un bus d’ADP daigne venir nous chercher (eh oui, on est bien en France J). Cela fait un peu bizarre tous ces gens qui parlent français. On n’est plus habitué et on se surprend quelquefois à se retourner. Le passé nous rattrape aussi lorsque, à la livraison bagage, on entend parler serbe autour de nous. Nous partageons le même tapis avec le vol de Belgrade. On cherche une tête connue… pas cette fois-ci. Un peu de nostalgie remonte à la surface. Nous attendons longtemps nos bagages dont un s’avère être resté à Londres. Magnifique, c’est justement celui qui où l’on a casé les mangues que nous avons sauvé du voyage de la veille. Cette fois c’est sûr, on est bon pour la compote. A la sortie, nous retrouvons Quang, fidèle comme à son habitude, qui est gentiment venu nous chercher. Nous arrivons en début d’après-midi à Meudon où nous retrouvons notre petit appartement. On déballe et on constate que malheureusement certains de nos souvenirs ont été détériorés ou même cassés. Bon, heureusement il nous en reste encore pas mal et on doit encore récupérer les cartons et valises que nous avons envoyés au cours du voyage. Notre dernière valise nous sera livrée un peu plus tard en soirée et, comme attendu, les mangues ont perdu de leur superbe. Voilà, cette fois c’est fini. Il y aurait tant à raconter encore sur ce voyage mais ce carnet va finalement s’achever une fois que nous en aurons écris la conclusion. Après, terminées les séances quotidiennes d’écriture, les projecteurs vont s’éteindre sur cet épisode de notre vie et nous allons retrouver la normalité et l’anonymat… Jusqu’à quand… ???

 
Dimanche 15 JUIN 2008
« Fin du voyage... enfin presque ! »

Courte nuit… une de plus… Mais, d’une certaine manière, nous aurons tout le temps de nous reposer dans l’avion.  Nous quittons notre auberge à 5 heures du matin, le jour se levant à peine. Notre chauffeur de tuk tuk a même, visiblement, dormi sur le parking après nous avoir déposés hier soir, vers 23 heures. Alors que nous traversons une partie de la ville encore endormie, nos pensées  divaguent à travers les souvenirs de ces derniers mois de voyage. Difficile de réaliser que nous rentrons et que notre grand voyage touche à sa fin… Nous arrivons à l’aéroport, nos sacs à dos soigneusement remplis avec les souvenirs et autres affaires les plus lourdes car nous ne sommes pas sûr que la connexion à Londres, acceptera notre surpoids autorisé dans le cadre de notre billet tour du monde. Au total nous transportons plus de 100 kg. Par chance, tous nos bagages ont été enregistrés jusqu’à Paris, nous voilà rassurés. En revanche, comme le vol est plein, nous n’aurons pas la possibilité d’avoir un siège libre entre nous, Maëlys va donc devoir être essentiellement sur nous, (même si un e sorte de siège auto lui a été installé sur la cloison devant moi). Et nous voilà partis pour presque 11 heures de vol. Tout s’est plutôt bien passé, Choupinette a même pu s’amuser avec une fillette indienne assise à côté de nous. Notre avion a même atterri en avance ! Mais cette avance a vite été oubliée car nous sommes restés bloqués au sol, en attente d’un emplacement pour débarquer, pendant près d’une heure. La raison ? Ce cher Président Bush, en visite à Londres a décidé d’atterrir à l’aéroport civil et a exigé un certain nombre de mesures qui ont chamboulé la bonne rotation des vols. Nous nous retrouvons dans les (longs) couloirs de l’aéroport vers 15h30 assez soulagés de savoir que le gros du voyage est passé… Enfin presque : lorsque nous vérifions sur les panneaux d’affichage la porte d’embarquement de notre second vol, nous découvrons que celui-ci a été tout simplement annulé ! Nous voilà de nouveau à arpenter les couloirs pour nous rendre au comptoir Customer services. Nous apprenons alors qu’indépendamment des retards, 3 vols ont été supprimés, du fait, vous l’aurez deviné, de la visite du Président Bush ! Cela se passe de commentaires, même si ceux-ci allaient bon train, dans la longue file d’attente qui s’est formée auprès des guichets de la compagnie où nous avons dû attendre après avoir récupérés, non sans mal, nos bagages. Nous avons eu alors l’agréable surprise d’avoir eu affaire à une hôtesse vraiment aimable et pleine d’humour qui a fait en sorte de nous trouver la meilleur option pour nous permettre d’avoir un vol pour Paris. Tous les vols de la soirée ayant déjà été complétés, deux options s’offraient alors à nous : changer d’aéroport et prendre un vol en fin de soirée, ou passer la nuit sur place. Nous avons opté pour la 2ème option, préférant avoir une nuit complète et décaler notre retour, au lieu d’une arrivée très tardive à Paris. Notre hôtesse nous a alors remis des coupons pour une nuit au Renaissance (4 étoiles, s’il vous plait), avec dîner et petit déjeuner inclus. Après les guest houses indiennes, c’est sûr, cela va nous changer ! Avec tout ça, nous arriverons à l’hôtel à 18h30, assez fatigués, il faut l’admettre. Nous apprécierons donc d’autant plus le confort de cet hôtel, à un quart d’heure des pistes. Une bonne douche, un dîner, sans épices mais avec du fromage (!!) et à 21 heures, j’en connais2 qui se sont laissés aller dans les bras de Morphée, entourés par les nombreux gros oreillers qui garnissaient le grand lit douillet… Finalement, nous avons gagné un jour de rab pour notre voyage !

 
 
 
Samedi 14 JUIN 2008
« Dernier jour et nouveaux amis indiens »

Dernier jour de notre grand voyage. Nous débarquons en gare de Madras tôt le matin après une nouvelle nuit dans le train. Après la relative fraîcheur du Kerala puis de Bangalore nous retrouvons les grosses chaleurs du Tamil Nadu. Etonnante cette différence marquée de climat entre les côtes ouest et est du sud de l’Inde. Nous quittons la gare, notre touk-touk rempli à ras-bord et avons la bonne surprise de trouver une chambre spacieuse et propre à l’hôtel YMCA récemment rénové. Ah, enfin une bonne douche après 3 nuits passées dans le train. Nous reprenons contact avec la famille indienne que nous avons rencontrée le soir au temple de Tanjore. Ils nous avaient alors gentiment proposé de nous revoir lors de notre passage à Madras. A 11 heures Viswanathan vient nous chercher à l’hôtel. Il nous emmène d’abord en tuk-tuk prendre le petit déjeuner dans un restaurant végétarien plutôt assez bien réputé. Ensuite, comme nous lui avons indiqué qu’aujourd’hui est notre « last shoping oportunity », il nous emmène faire la tournée des antiquaires et marchands de souvenirs. Nous cherchons toujours des petits objets de déco (bois ou bronze) et surtout des albums pour photos fait en papier bio et avec de belles couvertures en tissu. C’est très difficile à trouver ici car c’est une spécialité du Rajasthan et pas du sud. On en trouvera quand même quelques mais pas assez grands et pas suffisamment pour rassembler tous nos souvenirs de ce tour du monde. On achète quelques autres petites chose mais on est de plus en plus sélectifs et on évite notamment les bronzes qui commencent vraiment à nous lasser. Viswanathan insiste pour nous inviter à déjeuner et nous faisons notre dernier repas de thali. Encore une fois un régal. Notre hôte nous abandonne sans nous avoir dûment conviés à venir dîner chez lui avec sa famille. Nous poursuivons encore un peu notre tour des boutiques mais le temps file et après un bref passage à l’hôtel nous repartons avec notre fidèle chauffeur de tuk-tuk vers chez notre hôte. Il faut compter une bonne heure de trajet car il habite à une trentaine de kilomètres du centre, après l’aéroport.  En chemin nous nous arrêtons pour acheter quelques petits cadeaux : des fleurs et des friandises. Nous arrivons enfin, Viswanathan habite à l’étage d’une maison avec sa femme et son fils. Au rez-de-chaussée, des amis qui ne manqueront pas de venir voir la « curiosité » que nous représentons. L’appartement, de l’ordre de 90 m² est composé de 2 chambres, d’une cuisine et d’une salle commune assez sobre mais où se retrouvent l’incontournable armoire avec les photos et souvenirs kitchs, le frigo et, charmant, l’autel avec les images des divinités entourées de bougies te guirlandes. Nous sommes dans la nouvelle classe moyenne-supérieure de l’Inde qui dispose d’un ordinateur avec imprimante et modem internet. Toute la famille est aux petits soins avec nous. C’en est gênant d’attentions et de gentillesse. Nos nouveaux amis nous couvrent de petits cadeaux et Maëlys reçoit un lot complet de bracelets de toutes les couleurs. Vient l’heure du dîner. Nous sommes amenés à la table et là, comme on le craignait, il n’y a que 2 couverts. C'est-à-dire que nous allons être les seuls à dîner, servis par nos hôtes, pas peu fiers de nous concocter certaines de leurs spécialités. Et c’est très bon, riz aux légumes, curd-rice, raita, mangues et glaces… Un régal que nous sommes malheureusement seuls à déguster. Mais c’est ainsi que se décline l’hospitalité extraordinaire d’une famille ordinaire en Inde. On a peur de ne jamais pouvoir leur rendre la pareille mais bon, nous profitons, tous ensembles, du moment présent. Il nous faudra encore de longs au-revoir pour quitter nos nouveaux amis. Merci à eux mille fois. Nous repartons pour une nouvelle petite heure de tuk-tuk et avant d’arriver à l’hôtel nous nous arrêtons acheter 5 kg de mangues à ramener en France. Allez il est temps de se coucher car demain matin notre tuk-tuk nous attendra de très bonne heure pour nous emmener à l’aéroport.

 
 
Vendredi 13 JUIN 2008
« Journée de transition à Bangalore »
 

Pas de chance, alors que nous avions réussi à -moins mal- dormir, nous sommes réveillés par une bande de p’tits jeunes sur les banquettes d’à côté, à 5 heures du matin… Dommage ! Pas moyen de se rendormir, d’autant plus que nous arrivons en gare de Bangalore autours de 6h. Comme nous reprenons le train de nuit ce soir, nous n’avons donc pas de chambre d’hôtel pour nous poser et les « retiring rooms » de la gare sont déjà occupées. Nous irons donc passer 2-3 heures dans la salle d’attente upper-class, le temps de laisser Maëlys dormir et prendre une douche. Si, si c’est possible ! Sans eau chaude, mais c’est déjà pas mal et bien appréciable. Nous en profiterons aussi pour rattraper notre retard pour notre journal quotidien et le chargement des photos, mais aussi pour aller se faire rembourser un billet de train, une étape à part entière : il faut d’abord se rendre dans les locaux administratifs de la gare, à quelques pas de là, puis attendre l’ouverture à 10h. Par chance, j’arrive en même temps que l’une des employées qui me prend alors en charge, attendrie par Maëlys. Elle nous installe auprès de l’un  des bureaux qui composent une grande salle, à la façon d’une salle de classe où les employés se mettent progressivement à la tâche, devant des piles de dossiers et enveloppes. Nous remplissons un formulaire, qui sera ensuite soumis à l’approbation d’une série de personnes plus ou moins gradées semble-t-il. Au même moment, la plus âgée des employées s’adonne à ce qui semble être le rituel quotidien devant les représentations des divinités indoues au mur : chant, battements de cloches et cérémonial  au dessus d’une lampe à huile et du bâtonnet d’encens… chaque employé, du grand chef au guichetier, tout comme le vigil, chacun s’arrêtera, quelques secondes, pour le rituel matinal autour de la flamme, avant de reprendre son activité. Tout cela semble un peu surréel et pourtant si naturel pour les indous… Bon et notre remboursement dans tout ça : il nous faudra attendre une bonne quarantaine de minutes, aller à un autre guichet à la gare même sans oublier le passage dans les bureau de  2 « chefs », juste pour leur montrer Maëlys, pour obtenir enfin notre dû ! Heureusement que nous avions le temps aujourd’hui !

Avec tout ça, il est déjà 11 heures passé. Nous décidons de prendre un tuk-tuk pour quelques heures, histoire d’aller voir les quelques sites recommandés par notre bon vieux guide. Soyons francs, Bangalore n’est pas une étape indispensable, on s’en passerait même… Nous sommes passés voir de palais d’été de Tippu, une jolie villa de style indo-islamique mais dont le prix de l’entrée pour les touristes (20 fois plus élevée que pour les locaux !) freine un peu (surtout lorsque le Routard conseille juste d’y jeter un œil depuis le portail !) et le fort qui n’a rien d’extraordinaire. Puis, nous sommes allés nous balader dans le Lal Bagh, un grand jardin botanique dont la principale attraction reste le Banian tree avec ses larges racines en surface. Après notre thali quotidien, notre chauffeur nous demande d’accepter d’aller visiter quelques magasins d’antiquité et artisanat. Nous acceptons pour qu’il puisse toucher ses petits billets supplémentaires, d’autant plus que nous cherchons à ramener des souvenirs ! Malheureusement, nous repartirons avec que 2-3 petites babioles. Nous ne sommes pas vraiment emballés et n’apprécions pas l’attitude de ces vendeurs aux arguments trompeurs… Et ce n’est pas faute d’avoir pris le temps de tout regarder de près !! En milieu d’après midi, nous libérons notre chauffeur et allons nous poser dans un parc, histoire de faire jouer Maëlys (un avant goût des squares parisiens qui l’attendentJ) et faire passer le temps. Un dernier tour dans le quartier animé et dîner, avant de retourner à la gare, pour récupérer toutes nos affaires. Il est temps de nous approcher de notre hôtel roulant » (train de nuit, vous l’aurez compris) pour notre dernière nuit indienne dans le train… en seconde de nouveau, mais en seconde avec clim, le luxe J

 
Jeudi 12 JUIN 2008
« L'Inde dravidienne d'Hampi »
 

Nous avons décidé de passer la journée à Hampi, site dravidien situé à 400 km au nord de Bangalore. Nous ne ferons qu’y passer la journée car nous arrivons en train le matin et repartons en train le soir même. Problème, nous sommes en seconde classe sans clim et le moins que l’on puisse dire est que la nuit, passée en compagnie des cafards, a été courte. Passé les premiers hauts le cœur devant l’état de « propreté » des wagons, on arrive tant bien que mal de s’endormir ; Pas pour longtemps car les trains indiens s’arrêtent longuement à de très nombreuses gares. Et là, ce n’est ni le bruit ni la lumière qui ne manque pas de vous réveiller, mais l’odeur très prononcée de latrines des gares. Ca pue sur toute la longueur des quais, pas moyen d’y échapper dans nos compartiments sans clim. Allez, on arrête de se plaindre, beaucoup sont en troisième classe et là… On arrive quand même un peu cassé à Hampi mais bon, le site en vaudra la peine. Il est 7h00 du matin et le train n’est pas encore arrêté qu’un jeune s’est agrippé à notre fenêtre (bon coup d’œil car nous sommes les quasi-seuls blancs) et insiste pour nous vendre les services de son touk-touk. Bien joué, car c’est avec lui que nous partons, sans lui avoir, auparavant sérieusement fait réviser ses tarifs (on a l’air de touristes ou quoi ?). Il nous conduira toute la journée car le site est à une quinzaine de kilomètres de la gare et s’étend sur 30 km². C’est un joyau architectural dravidien composé de quelques 400 temples dispersés dans un superbe paysage de collines de rochers, rivières et végétation tropicale.

Nous commençons par le temple de Virupaksha au centre d’Hampi. Ce temple est le seul encore en activité et on même la chance de tomber en pleine cérémonie de mariage. Devant le sanctuaire, les mariés, en grande tenue, bardés de colliers de fleurs et assistés de prêtres se font fasse et passent une bonne demi-heure à se verser toutes sortes de graines sur la tête. On brûle des encens, des bougies s’agitent, un groupe joue de la musique… Le tout est très coloré et beau à voir. Le marié à l’air aux anges, la mariée un peu moins. Est-ce un mariage arrangé ? Se sont-ils rencontrés via annonce de presse comme pour la famille que nous avons rencontrée dans les Backwaters ? Le photographe officiel ne manque pas prendre des photos de Maëlys, dont l’une, qui sait, finira peut-être dans l’album de mariage. Exotique, non ? Le temple en lui-même ne manque pas d’intérêt avec son grand gopuram blanc (porche en forme pyramidale) et son mandapa aux colonnes sculptées (le lecteur remarquera que je manie désormais avec aisance les termes architecturaux des temples hindous...). Pour la suite, nous nous rendons en touk-touk sur les autres sites majeurs : beaucoup de temples, de magnifiques étables pour éléphants, des statues monumentales, comme celles de Ganesh (la divinité à tête d’éléphant) ou de Narasimha, 4ème incarnation de Vishnou (vous suivez toujours ?). Bref, de nombreux vestiges de celle qui fut, au XIVème siècle la cité des rois Vijayanagar et rivalisa avec Bénarès. Nous faisons une longue pause-déjeuner dans un resto très sympa sous un manguier monumental et avec vu sur la rivière, puis reprenons notre visite agrémentée d’une longue ballade à travers les ruines et les collines rocheuses. Une journée bien remplie au terme de laquelle nous nous retrouvons de nouveau à la gare pour attraper notre train de nuit de retour sur Bangalore. Comme nous sommes toujours en deuxième classe il est à craindre que notre nuit soit de nouveau courte et … odorante. Pour repousser l’échéance, on dîne sur nos banquettes d’un thali quelconque acheté dans un boui-boui crasseux près de la gare (pas d’autre choix, on n’a pas trouvé de restaurant gastronomique à proximité -:)).

 
Mercredi 11 JUIN 2008
« Halebid et 1ers pas à Bangalore »

Nous étions à peine réveillés que l’on tape à la porte :  « thé, café !! ». Ok, va pour un thé. Forcément, c’est un thé à l’indienne que l’on nous apporte avec beaucoup de lait et surtout du sucre. C’est pas mal, mais seulement pour quelques gorgées, après c’est un peu écœurant…. C’est peut –être pour cela qu’il est servi dans de mini-tasses…  Avant de prendre la route, nous décidons de retourner voir le temple et ses magnifiques sculptures pour profiter de la lumière du petit jour pour les photos. Une fois encore, nous constaterons avec plaisir que nous sommes les seuls occidentaux sur le site, d’où les regards étonnés des indiens et les demandes de photos, surtout de Maëlys, of course !! Notre chauffeur nous amènera ensuite à Halebid qui fut une ancienne capitale. A l’image du temple de Belur, le travail des sculptures de ce temple, qui ne fut jamais achevé, est remarquable. La finesse des détails est surprenante, tout comme l’état de conservation dont il fait preuve, même si le temple de Belur reste le plus impressionnant. Nous reprenons ensuite la route, avec notre chauffeur, toujours aussi peu souriant et plutôt nerveux sur la conduite. A son tableau de chasse aujourd’hui, pas de coq mais un chien qui a eu l’outrecuidance de ne pas se pousser alors qu’il avait été largement averti par klaxon, tant pis pour lui… Arrêt en route pour un traditionnel thali, sous le regard plus qu’étonné des serveurs sans doute peu ou plutôt pas habitué à voir des touristes s’arrêter là.  En milieu d’après-midi, nous arrivons à Bangalore, où le trafic est très intense et assez bordélique, il faut le dire au milieu des voitures, rickshaws, carrioles, piétons et vaches ! Bangalore est à présent connu notamment pour sa compétitivité en matière d’informatique, ce serait la silicone Valley indienne. En attendant, nous n’avons rien vu qui puisse nous faire penser à cela… (bon, c’est une grande ville et on ne l’a pas parcourue entièrement !). Nous nous faisons déposer à la gare, où nous laisserons à la consigne, pour 2 jours, nos grosses valises.

Nous allons pouvoir voyager léger pour la prochaine étape, ce qui s’avèrera plus qu’indispensable ! Pour le moment, nous allons nous balader en commençant par le grand marché qui s’étend sur 3 niveaux. L’espace fleurs est là encore très sympa à parcourir, au milieu des corbeilles de fleurs avec les parfums intenses de jasmins. Bien que l’on soit dans une grande ville, les marchandises du marché restent présentées dans de grandes corbeilles en rabanes ou sur des nattes par des villageoises. Aux étages, se tiennent les espaces spécialisés, vêtements, accessoires, outils… L’ambiance est animée, tout en restant bon-enfant. Toujours agréable pour le voyageur de passage. Nous irons ensuite déambuler dans le quartier près de Mahatmas Gandhi Road, le quartier un peu tendance, du moins, celui où l’on trouve plusieurs enseignes occidentales, centres commerciaux et resto. On en oublierait presque l’on est encore en Inde ! Forcément, les boutiques d’artisanat sont décevantes et beaucoup trop « attrape-touristes ».

Nous nous arrêterons diner dans une rue plus au calme, avant de reprendre un touk-touk pour la gare. Ce soir, nous allons prendre un train de nuit, direction Hampi, et commencer notre série de trois nuits consécutives dans le train. Précision de taille : lorsque nous avons acheté nos billets, il ne restait plus de places en 1ères. Nous avons dû nous rabattre sur des 2ème classe couchette (enfin banquettes en skaï). Nous préférons rejoindre le quai, pourtant déjà bondé, en avance pour éviter la cohue à la montée. Justement, la montée fut assez folklo : à l’arrivée du train, les passagers munis de réservations s’étaient attroupés aux endroits indiqués du quai. Mais déjà, plusieurs indiens s’étaient accrochés aux portes et aux fenêtres, le train roulant encore, pour pouvoir s’installer en espérant le faire sur des places non réservées ! Finalement, nous aurons nos places sans encombre, dans celle que le Routard appelle la « clase populaire « : deux petites banquettes assez étroites, que nous recouvrirons de nos sacs à viandes. Autant essayer de se faire un nid, car avec Maëlys qui gigote tout le temps… Pas de clim ni d’intimité bien sûr, mais on n’a pas ressenti d’insécurité pour autant, s’il l’on met à part la présence… dois-je le dire ? … de cafards. Je vous laisse supposer comment va se dérouler notre nuit ! 

 
 
Mardi 10 JUIN 2008
« Merveilleux temples de Somnathpur et de Belur »

Nous quittons Mysore le matin en voiture après avoir loué le véhicule et son chauffeur pour 48 heures pour nous amener demain soir à Bangalore. Tout d’abord nous parcourons une quarantaine de kilomètres, soit une bonne heure de route, pour rejoindre Somnathpur. Là s’y trouve un petit temple dédié à Vishnou de toute beauté, point d’orgue de l’art des Hoysala (XIIème et XIIIème siècles). Le temple est dressé sur une plateforme en étoile et les iconographies qui en recouvrent les murs constituent une pure merveille. Les scènes (personnages, danses, animaux, éléphants…) se déclinent à l’infini avec une finesse incroyable. Un travail d’orfèvrerie rendu possible par les propriétés de la pierre, tendre au moment où elle est taillée et qui durcit ensuite au contact de l’air. L’ensemble est ainsi remarquablement conservé. Admirable ! Nous repartons en voiture pour 2 nouvelles heures d’une belle route au milieu des cocotiers, des rizières, des champs de canne à sucre ou des plantations de bananiers. Comme la saison des pluies a commencé tout est extrêmement vert et on se demande pourquoi ce pays est si pauvre.

Notre chauffeur conduit à l’indienne, c'est-à-dire comme un porc, et a la klaxonite aigue. Qu’il klaxonne toutes les 3 secondes en ville soit, mais est-ce bien nécessaire en rase campagne lorsqu’il n’y a personne ? Un pauvre coq fera les frais de son style de conduite et finira sur le bas côté après avoir poussé de grands cris en venant s’écraser contre notre pare-brise. Sûr que ses proprios auront du chicken tikka masala ce soir pour dîner. Nous arrivons à Sravanabeloga où trône un temple, mais dans un tout autre registre cette fois. En haut d’une colline de granit de 200 mètres d’altitude se trouve la statue de Gomateshvara (« beau seigneur »). Il s’agit d’un site Jaïen et la statue, vieille de plus de 1.000 ans, est taillée dans un seul bloc de roche et mesure 18 mètres. Elle constitue le plus grand monolithe sculpté d’Inde, rien que ça ! Nous déjeunons sur place d’un excellent thali. C’est vraiment le plat végétarien économique par excellence (autour de 0,30 €) que tout le monde consomme à midi. Dans chaque restaurant que nous avons fait les saveurs, sauces et épices qui accompagnent le riz sont différents. Une découverte gastronomique à chaque fois. Encore une heure et demie de route et nous arrivons à notre destination pour la nuit : Belur. Il ne s’agit que d’un gros village et le moins que l’on puisse dire c’est que l’hôtellerie en ville n’est pas folichonne. Il ne fait pas encore nuit et on anticipe un peu le programme du lendemain en nous rendant au seul point d’intérêt de la ville : le temple de Chennakeshava. Comme Somnathpur, bien que plus grand, il est de style et d’époque Hoysala (construit en 1.133) et est ornementé d’une multitude de sculptures, corniches, haut et bas-reliefs époustouflants de finesse et de précision, le tout, là encore, parfaitement conservé. Les murs sont travaillés à l’extrême et pourtant, bien que surchargés, il ne se dégage aucune sensation de lourdeur. C’est tout simplement beau, mélange de travail d’orfèvrerie et de broderie sur pierre. A l’intérieur du sanctuaire se trouve n plus des icônes un superbe pilier sculpté dans la pierre noir. La nuit tombe et, bien qu’un peu animé, le village n’est guère attrayant et les pluies, qui tombent par intermittence, l’ont rendu boueux. Comme il se doit j’emmène ma petite famille dîner dans le meilleur établissement de la ville, c'est-à-dire le moins glauque de ceux que nous ayons vu. C’est un restaurant végétarien donc nous en sommes pour un nouveau thali - Inde du nord pour Aline car moins épicé, Inde du sud pour moi – et, scandale, même en insistant, impossible de se faire servir une bière…

 

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