ATTENTION : CE CARNET EST PRESENTE EN ORDRE CHRONOLOGIQUE INVERSE (les nouvelles les plus fraîches en tête). SI VOUS SOUHAITEZ CONSULTER DANS L'ORDRE DES EVENEMENTS, PARTIR DU BAS. Jeudi 6 MARS 2008 « La Grande muraille dans la douleur »
Dernière journée à Pékin ! Il nous reste un incontournable à faire : la Grande Muraille. Bien que je sois (Jérôme) dans un état lamentable (avec une nouvelle nuit en conversation privée avec les wawas), impossible d’y déroger. Direction la station de bus pour rejoindre le site de Badaling à une heure et demie de là. Arrivé sur le site, accueillis par les commerces à touristes. Pas la force de faire le moindre détour, on file vers l’entrée. Ca se corse avec les premières marches et les premières rampes. Il m’est quai-impossible d’avancer. Plus aucun souffle et les jambes en coton, sans compter les maux d’estomac et de tête. C’est comme si à chaque pas je me prenais un coup de poing dans le ventre qui me coupe le souffle. S’ajoute un vent glacial si bien que la visite ne s’éternisera pas. Au bout de 200 mètres d’ascension, je laisse tomber et je laisse Aline et Maëlys pousser un peu plus loin. Les vues de la Muraille sont quand même très belles et impressionnantes, traversant montagnes et vallées. Une œuvre de fous. Retour dans le bus bondé qui nous ramène à Pékin. Je m’assois dans le couloir avec mon sac plastique à la main en cas d’urgence (vu que ça fait 2 jours que je n’ai rien avalé, je ne crains pas grand-chose) et j’attends avec impatience l’arrivée. Le reste de la journée se passe donc en chambre hormis pour Aline qui part un peu s’aérer dans le quartier. Ouf demain on prend l’avion et on n’est pas mécontent de quitter cette Chine qui ne nous a pas séduits et qui ne nous a pas réussis. Mercredi 5 MARS 2008 « Jérôme malade... mais visite de la Cité interdite »
Ce matin, Maëlys s’est réveillée avec la pêche ! Et c’est avec un réel plaisir que nous avons constaté, tout au long de la journée, que Choupinette reprenait le dessus. Non seulement elle retrouve des forces et ses fous rires, mais en plus, enfin, elle recommence à manger, doucement mais, à priori, sûrement ! En revanche, nous ne sommes pas complètement débarrassés de la gastro, car cette fois, c’est au tour de Jérôme. Mais c’est, comment dire, plus « marqué » : la nuit et la matinée surtout, furent bien agités, avec des vas-et-viens entre le lit et les toilettes. Pas top ! Nous espérons que cela va vite lui passer (nous avons les médocs nécessaires) et que cela ne va pas, de nouveau, atteindre Maëlys… Une chose est sûre à présent, nous saurons réagir à temps si cela devait se reproduire… croisons les doigts que ce ne soit pas le cas.  Avec tout ça, forcément, Jérôme est resté se reposer ce matin. De mon côté, entre deux cession d’aide-soignante, j’ai profité de la longue sieste de Maëlys pour aller me balader : j’adore déambuler dans les rues pour observer les gens, entrevoir certaines facettes de leurs mode de vie, surtout lorsque l’on est dans des pays bien différents du nôtre. Et ce vieux quartier de Pékin permet de s’immiscer un petit peu dans la vie d’un quartier dont le rythme parait bien calme aux côtés des rues agitées des nouveaux secteurs de la ville. En plus, j’ai de la chance car le soleil m’accompagne… En rentrant, je retrouve Maëlys tout juste réveillée et Jérôme lui aussi réveillé même si son visage semble encore bien fatigué. Malgré son état bien nauséeux, il décide toutefois d’aller visiter la fameuse cité Interdite, car il est vrai qu’elle fait partie des incontournables de la Chine. Pour éviter les embouteillages et optimiser le temps, nous prenons le métro, un vrai calvaire pour Jérôme, au milieu de tous ces chinois qui raclent la gorge sans cesse et n’hésitent pas à pousser – sans s’excuser - pour passer. Sympa ! Prévoyant, Jérôme m’avait demandé un sac plastique, on ne sait jamais ! Et, il avait bien fait, car, même s’il s’est retenu dans le métro, une fois entrés dans la grande cour, à l’entre le la Cité, Jérôme s’arrête contre un arbre et … hop… je vous laisse imaginer la suite, surtout si je vous décris les visages des quelques personnes autours de Jérôme ! Tout cela à quelques mètres du portrait de Mao qui ne l’a pas volé…). Cela dit, merci le sac plastique ! Et puis, d’après Jérôme, cet arrêt particulier lui a fait du bien, il se sent un peu mieux (un court répit qui ne durera qu’une demi-heure). Nous attaquons alors la visite de ce vaste domaine, l’ancien lieu de résidence de l’Empereur qui était, il y a 5 siècles, considéré selon la philosophie chinoise, comme le nombril du pouvoir mais aussi du monde ! Il est vrai que dès l’entrée, une haute porte trônant majestueusement devant la triste célèbre place Tienanmen, on est saisis par l’ampleur de cette cité qui s’étend sur presque 1km de long et 750m de large et qui compte pas moins de 9000 salles rien que ça ! Elle est construite sur le même plan que les maisons traditionnelles chinoise, avec une Cour extérieur, officielle et une Cour privée avec bureaux et résidences de l’empereur, sans oublier les appartements des impératrices et concubines. Saviez-vous qu’une véritable hiérarchie s’appliquait aux épouses et concubines, comptant 12 rangs. Pas simple de s’y retrouver ! Nous avons parcouru cet ensemble de vastes cours, tout en admirant les volumes des salles richement décorées et certaines déjà rénovées (effet JO oblige) rendant le résultat assez flamboyant. On toutefois regretté de n’avoir pu voir de plus près le plus imposant palais, celui de l’Harmonie Suprême, en cours de rénovation, mais cela ne nous a pas empêché de l’imaginer un instant, entouré des 10 000 personnes qu’il pouvait alors accueillir… Dans la série des points un peu décevants : le trop plein de touristes. On a beau être en basse saison, il y a quand même pas mal de visiteurs, surtout chinois, ce qui rend la visite moins agréable. Nous sommes peut être devenus un peu difficiles car jusqu’à maintenant, nous avons pu profiter du calme saisonnier lors de nos visites dans les différents pays où nous sommes passés… On peut aussi regretter que l’on ne puisse circuler à l’intérieur des salles, au moins sur une partie, pour admirer les décors et détails de plus près. One ne peut qu’apercevoir tout cela depuis les barrières devant les entrées, où les chinois n’hésitent pas à vous bousculer pour s’approcher ! En dehors de ces aspects là, la Cité interdite reste un monument incontournable ! A la fin de notre visite, nous n’avons pas trop traîné car Jérôme était quand même bien à plat, sans doute au pic de sa gastro. Direction l’auberge et plus précisément le fond du lit pour notre malade du moment ! La soirée sera elle aussi placée sous le signe du repos, avec un petit diner casse-croûte pour Maëlys et moi et de la compote faite par mes soins pour Jérôme (si si, cuite dans un wok même, faute d’avoir trouvé mieux dans la kitchenette de l’auberge). Mardi 4 MARS 2008 « D'une gastro à l'autre » 
Il fait encore beau ce matin et nous sommes partagés entre partir vite à la découverte de Pékin et laisser Maëlys le temps de récupérer alors qu’elle ne s’alimente que très peu en dure (heureusement qu’il y a le lait). On décide de commencer par une ballade à pied dans le voisinage de l’auberge pour aller voir le temple des Lamas. Pour y accéder il faut pénétrer au cœur d’un quartier Hutong. Mais au bout de 10 mn de marche, Maëlys s’écroule de fatigue. On décide de se séparer, je la ramène à l’hôtel pour qu’elle se repose tandis qu’Aline continuera toute seule vers le Temple. Un temple qui lui a bien plu avec beaucoup de reliques anciennes et une très grande statue qui monte jusqu’aux toits. Pour l’après-midi on comptait faire la Cité interdite mais le temps que Maëlys émerge il est déjà 14h30 or le guide précise que la visite peut être très longue. Changement de plan, on fera la Cité demain et en attendant on se rend en Métro (tout neuf) au Temple du Ciel. Il s’agit d’un immense parc avec temples et autels. 
C’était un lieu de cérémonie ou l’empereur se rendait plusieurs fois par an, notamment pour rendre compte au Ciel de sa gestion. Le parc est agréable bien que composé de plantations rectilignes de cyprès. Il est intéressant d’y voir de nombreux pékinois (surtout un peu âgés) qui viennent s’y retrouver (malgré le prix élevé du droit d’entrée) pour faire des exercices physiques (les petits portiques pour adultes sont prisés), s’entraîner au cerf-volant, faire tourbillonner des rubans, et surtout jouer au cartes ou encore danser en petits groupes ou chanter des airs d’opéras chinois. Côté temple le plus intéressant est la salle de la Prière pour les bonnes moissons, une très belle rotonde classique chinoise totalement rénovée pour les JO. On s’attendait à quelque chose de plus impressionnant côté monuments mais finalement le plus intéressant était de voir les divertissements des vieux pékinois. Retour à l’auberge, petite pause pour Maëlys puis on se ballade dans le quartier à la recherche d’un resto. On s’arrête dans un tout petit resto tibétain plein de charme avec ses vieux meubles et ses tables en bois peint, son personnel en habit traditionnel. A la table d’à côté un français prépare un chinois à jury d’examen pour faire des études en France. L’enchantement s’arrêtera là car côté nourriture ce fut très moyen et l’addition étonnamment salée. Bonne nouvelle : Maëlys s’alimente un peu mieux. Ca revient doucement mais sûrement. Mauvaise nouvelle : la maladie a changé de cheval et de retour à l’hôtel c’est à mon tour (Jérôme) de renvoyer le repas et de faire plus ample connaissance avec les petits coins. Charmante nuit !  Lundi 3 MARS 2008 « Heureux de quitter l'hôpital et d'aller sur Pékin » Cette 3ème nuit à l’hosto a été courte (ce n’est jamais vraiment calme) mais pas trop mauvaise. De plus, Maëlys a bu d’une traite son lait. Après les passages de routine : températures and co, l’équipe médicale du service arrive. Et, par chance, ce matin, c’est la médecin qui s’était particulièrement penchée sur le cas de Maëlys et qui parle anglais, qui est de garde. Elle m’explique que les analyses des selles sont bonnes et que le traitement est maintenant terminé. Maëlys peut donc sortir. Je suis soulagée et commence à plier bagages, si bien que, dès l’arrivée de Jérôme, nous puissions repartir tous les 3. Un dernier petit tour dans le couloir, pour aller dire au revoir à l’équipe médicale, prendre 2-3 photos et saluer nos voisins, toujours aussi curieux (certains sont dans le couloir, d’autres nous observent à travers leur fenêtre). Nous sommes vraiment soulagés de quitter cet endroit assez lugubre. Nous irons d’abord nous reposer et donner un bon bain à Maëlys, dans cette chambre d’hôtel qui nous paraitra même luxueuse ! Puis, Choupinette a fait une longue sieste, pendant que Jérôme est allé se dépatouiller avec l’agence de voyage de l’hôtel pour changer nos billets de train contre des billets d’avion : moins d’une heure de vol pour rejoindre Pékin, au lieu des 11h de train en pseudo couchettes dures. Avec Maëlys affaiblie, c’est le minimum. Là encore, l’agent ne parle pas anglais, mais par chance, il semble le comprendre… On plie bagages, direction l’aéroport. Le vol, très rapide, se passe très bien et nous arrivons à l’heure… Nous avons un peu hésité pour le choix de l’hébergement mais avons finalement opté pour une auberge de jeunesse calme et rénovée, au cœur d’un quartier de hutongs : ces petites habitations concentrées autours de petites ruelles. Le tout est bien ancien mais c’est authentique et l’on sent qu’il y règne un vrai esprit de voisinage. J’irai explorer seule les alentours, laissant Maëlys se reposer aux côtés de Jérôme. Il est environ 18h et la rue principale est bien animée avec ses stands de spécialités locales (à vrai dire pas forcément tentantes pour nos palais d’occidentaux, à part certaines sortes de crêpes ou brioches chinoises fourrées) dont se régalent les Pékinois. Cela tranche avec le calme des hutongs. Là, on peut même voir l’intérieur des habitations, très spartiates pour la plupart, mais auxquelles semblent habitués les habitants. En début de soirée, nous sortirons tous les trois, dans un quartier central près de la fameuse place Tienan Men (très bien mise en valeur avec les éclairages). Après avoir visité d’autres auberges, nous sommes allés dîner dans un resto un peu plus chic que la moyenne, histoire d’optimiser les conditions d’hygiène. La cuisine était visible depuis la salle, et ressemblait à un laboratoire ! Notre dîner fut correct, mais nous avons fini sur une mauvaise impression : la note que l’on nous a présentée avait été majorée de bien 50% ! On nous explique que le menu en anglais n’était pas le plus récent et que les prix avaient changé depuis!! Pas cool et on ne s’est pas laissé faire. Maëlys ne s’alimente toujours que très peu en aliments « durs » et se contente surtout de son biberon de lait. 
Dimanche 2 MARS 2008 « Encore à l'hosto » Encore une longue journée à l’hôpital où nous sommes partagés entre rester une nuit de plus et aller à l’hôtel à deux pas de l’hôpital. On voudrait éviter que Maëlys (ou nous) n’attrape quelque chose d’autre compte tenu des conditions d’hygiène. D’un autre côté Maëlys ne mange toujours rien de la mâtinée si ce n’est son biberon de lait. C’est toujours ça mais ce n’est certainement pas suffisant d’autant plus que les infirmières ont dès le matin arrêté la perfusion. On attend la fin de l’après-midi pour décider mais comme elle ne mange toujours pas on décide de la garder à l’hôpital (d’ailleurs les médecins insistent un peu). Bon on en sera encore pour une nuit mais au moins on est dans une chambre pour nous tout seul (le 2ème lit n’est pas occupé).  On compte bien sortir demain, aussi, afin de ne pas rester dans cette ville sans intérêt, je pars à la gare à la recherche d’un billet de train pour la nuit prochaine. Mais nous sommes encore en période de retour de vacances et il n’y a plus de couchettes en premières (couchettes molles). Il ne reste que les couchettes dures (6 par compartiment). Je prends à défaut de mieux mais si Maëlys ne s’améliore pas rapidement je ne sais pas si nous passerons les 11 heures dans ce train de nuit pour rejoindre Pékin (11 heures pour 400 km ; ce n’est pas le TGV). On dîne en chambre à l’hôpital après avoir acheté quelques provisions en bas de la rue. Et là un petit espoir naît, Maëlys accepte de manger un petit peu. Un peu de poulet et de gâteau. Pas grand-chose malheureusement, quelques bouchées, mais on espère que ce n’est qu’un début. Je retourne à mon hôtel tandis que Maëlys et Aline entament leur 3ème nuit à l’hôpital. Samedi 1er MARS 2008 « Journée à l'hôpital » 
Longue journée… Forcément, car nous avons à peine fermé l’œil de la nuit et avons vu le jour arriver, nos yeux ne pouvant éviter la grosse horloge au milieu du couloir. Vers 7h30, des visiteurs, souvent les grands parents des enfants hospitalisés, arrivent, les bras chargés de victuailles et de linge. Oui, parce qu’ici, ne vous attendez pas à ce que l’on vous nourrisse, vous lave, ou tout simplement que l’on vous fournisse de quoi faire votre toilette. Seuls les soins et les draps sont fournis. Il en va de même avec le papier toilette et le savon. Heureusement que nous avons toujours sur nous, kleenex et lingettes. Comme nous sommes le 1er lit en entrant dans le couloir et que nous sommes un peu atypiques ici (!!) nous attirons les curieux, tout le monde nous observe et avec plus ou moins (surtout moins!) de discrétion ! Seul avantage, à l’arrivée de la relève et surtout du médecin, qui lui parle à peu près anglais, on ne peut nous ignorer. Le verdict du médecin n’est pas très clair, il semble évoquer une gastro (jusque là, rien de nouveau pour nous) et parle du diagnostic du Dr Cheng qui pense qu’elle a l’intestin bloqué (??). Ils comptent lui faire une sorte de lavement pour faire sortir les selles. Alors que l’infirmier se présente et me demande de déshabiller Maëlys, Jérôme appelle mon oncle Michel (il est médecin) pour lui demander son avis. Oups, la couche est pleine, preuve qu’il n’y a pas de blocage. La question ne se pose plus donc. Ouf ! ça de moins ! Suite à ça, une ophtalmo se présente pour ausculter les yeux de Choupinette, toujours aussi englués. Et très vite, on nous apporte de boîtes de gouttes, dont l’une s’avère être un antibiotique oculaire, comme l’avait suggéré Michel. Nous voilà rassurés pour ça. Jérôme nous laisse ensuite, car il doit retourner à Pingyao en taxi, récupérer nos valises (environ 5h aller-retour) et trouver un hôtel à proximité de l’hôpital (le premier qu’il trouve lui fait comprendre qu’il n’accueille pas les étrangers). Maëlys semble un peu moins fatiguée et accepte de boire son biberon de lait. Un peu plus tard, on vient m’annoncer que nous allons pouvoir être dans une chambre, la seule à 2 lits au lieu de 3. Avec du recul, nous pensons vraiment que notre présence devait être assez embarrassante pour le personnel hospitalier dont quasiment aucun ne parlait anglais. Et que ce n’est pas un hasard que l’on nous ait ainsi laissé la chambre plus vaste. On m’aide à déplacer nos affaires et nous voilà, Maëlys et moi, partageant la chambre avec une maman et son bébé de 11 mois et la grand-mère. 
Nous aurons bien sûr du mal à tenir une conversation, mais avec les gestes, nous communiquerons un peu. En revanche, je découvre avec moins de plaisir, que la chambre est aussi sale que le couloir et que la petite salle de bain est dans un état de propreté ou plutôt un état de saleté évident. Et je vous passe les odeurs… Mais j’ai très vite compris aussi le pourquoi de la chose : non seulement la femme de ménage ne passe qu’un léger coup de chiffon sur les bordures des fenêtres et le mobilier utilisé par la précédente famille, mais qu’en plus, apparemment, c’est à nous de nettoyer le sol, à en voir les pseudos serpillères dans les salles de bain. Le plus frappant (et le mot est faible) a été de voir comment ma voisine faisait faire ses besoins à son fils : en se tenant assisse sur un petit tabouret, son fils sur ses genoux, les jambes écartées ! Tout simplement, jusqu’à que le petit fasse ce qu’il avait à faire, là, à même le sol, dans la chambre. Ensuite la grand-mère, sans doute prise d’un excès de crise de propreté, s’empare d’un petit balai et… étale bien la pisse partout dans la chambre. Cool ! Je comprends mieux la raison pour laquelle tous les bas de pantalon des bébés et même des plus grands, sont fendus entre les jambes et se portent sans rien dessous ! Je dois dire que nous avons quand même été choqués que notre voisine de chambre n’utilise pas, au moins, une bassine, comme semblaient le faire nos voisins du couloir. Bon, nous serons encore plus convaincus d’une chose : dès que Maëlys aura retrouvé un peu d’appétit, nous quitterons cet endroit ! Petite consolation, en fin de journée, nos voisins rentreront chez eux et nous aurons la chambre pour nous seuls ! Vers 16h, Jérôme nous retrouve, après son périple en taxi. Je le laisserai ensuite quelques heures avec Maëlys, le temps d’aller prendre une douche et d’essayer de me reposer un peu. Après quoi, à mon retour, Jérôme m’accueille inquiet, Maëlys a été grincheuse et presque inconsolable et plus aucun personnel soignant ne parle anglais. Je m’installe avec elle sur le lit et petit à petit elle retrouve le sourire. Elle acceptera même un bout de pomme et deux minis bouchées de riz, un exploit ! Puis, l’équipe du soir se présente à nous, avec, oh surprise, une médecin qui peut communiquer en anglais et qui, surtout, semble s’être vraiment penchée sur le cas de Maëlys, une gastro qui l’a affaiblie. Elle nous rassure quant à l’évolution de son état et semble très confiante quant à son rétablissement proche. Elle pense qu’encore une nuit ou deux et Choupinette devrait pouvoir sortir. Ah, nous sentons un réel soulagement, limite une sorte de reconnaissance pour cette médecin qui semble comprendre notre inquiétude et notre désarroi vis-à-vis cette situation rendue d’autant plus particulière du fait de la grande difficulté à communiquer. Vers 22h, Maëlys s’endort profondément. Je dormirai avec elle. Jérôme, quant à lui, ira récupérer à l’hôtel, à 2 pas d’ici. Au moins quelques heures d’affilée ! Vendredi 29 FEVRIER 2008 « En route pour les urgences, l'hôpital et les galères » 
S’il devait y avoir une journée de galère ce devait être celle-là (croisons les doigts car le voyage n’est pas fini). Au réveil Maëlys ne va toujours pas mieux. Elle refuse toujours de s’alimenter à part un peu de liquide (elle n’a pas mangé depuis qu’elle a vomi lundi). Elle s’affaiblit et par crainte qu’elle ne se déshydrate, nous lui donnons dans son eau une solution de réhydratation mais elle refuse de la boire. On se sert alors d’une seringue pipette qu’on utilise pour un sirop pour lui faire quand même avaler les doses prescrites. Elle n’a pas de fièvre et est toujours souriante et gaie mais elle a quand même fondue et est fatiguée. De plus depuis ce matin elle a une petite infection oculaire genre conjonctivite. Nous la laissons se reposer et ne partons qu’en fin de mâtinée faire un tour des remparts de Pingyao. La ville intra-muros est superbement préservée et, encore habitée par de vrais gens (et non pas que des commerces à touristes). Belle harmonie architecturale avec ses maisons basses en briques et ses petites cours. La crénelure des toits est travaillée. Charmant, avec cependant le côté austère de la teinte gris-noire omniprésente : les briques ont absorbé la pollution, les vents de sable et les fumées des chauffages au charbon. 
On ne traîne pas trop car Maëlys est un peu amorphe. On retourne à la pension où l’on déjeune. On décide que Maëlys restera l’après-midi en chambre et qu’on se relaiera pour faire un petit tour en ville. En fin d’après-midi elle se réveille de sa sieste toujours fatiguée mais surtout sa conjonctivite a pris de l’ampleur, elle a les paupières gonflées et pendant un quart d’heure ne peut pratiquement plus ouvrir les yeux. On appelle notre hôte pour lui demander de faire venir un médecin mais il dit qu’ici il faut aller à l’hôpital. Gentiment il se propose de nous accompagner car il est certain que personne ne parlera anglais. Et là commence la véritable galère. L’hôpital de cette petite ville de province (50.000 habitants) est une véritable porcherie. Difficile de décrire autrement les couloirs poisseux et noirs (non chauffés), les sols jonchés de saletés, les poignées de porte que l’on n’ose pas toucher, les gardes qui dorment sur leurs bureaux emmitouflés dans leurs gros manteaux, les visiteurs qui fument partout. On nous dirige au service pour enfants et l’on nous introduit dans une pièce de 50m², sale comme le reste, où se mélangent quelques médecins et infirmiers avec des familles venues consulter. Personne ne parle anglais et heureusement que notre hôte est avec nous pour traduire. Un jeune médecin ausculte rapidement Maëlys (au milieu de tout le monde qui observe ces étrangers bizarres qui ont teint leur fille en blonde) et décide qu’il faut faire une radio du ventre. Mais avant il faut passer à la caisse. Nous faisons donc la radio (on ne voit pas grand-chose mais on n’est pas expert) et on voit un autre médecin plus âgé qui pense que Maëlys a peut-être une occlusion intestinale. On lui dit que c’est peut-être le médicament qu’on lui donne qui a causé une contraction et on pense alors retourner passer la nuit à l’hôtel (en tout cas certainement pas dans cet hôpital miteux, siège de toutes les possibles infections). Mais il indique que vu l’état de Maëlys il est indispensable que nous allions voir des spécialistes à la capitale de la province Taiyuan, à 2 bonnes heures de taxi de là. Et nous voilà de nouveau sur la route. Au moins on se dit que dans cette grande ville de plus de 3 millions d’habitants il doit y avoir de grands hôpitaux, plus propres et avec des médecins qui parlent anglais (on peut rêver). Le taxi qui avait été briefé nous dépose vers 21 heures devant l’hôpital spécialisé pour les enfants. On passe par les urgences (et la caisse d’abord !). Oups, personne ne parle anglais, c’est donc muni de la synthèse du médecin de Pyngiao et d’un petit mot de notre hôtelier que nous présentons Maëlys. Le reste de l’explication relève plus de la pantomime. 
A première vue l’hôpital est un peu mieux tenu que celui de Pingyao ou, disons qu’il est simplement très crade ce qui est déjà une nette amélioration. Le médecin nous envoie faire une échographie mais avant cela il faut payer (et oui, encore) car il n’y pas de prestation si on ne revient pas avec le bon papier tamponné. Changement de salle, échographie, grande solitude dialectique avec la médecin (on arrivera à comprendre « good : no – bad : yes - not big bad », une partie de ces mots ayant en fait été mimés). Nous voilà rassurés… Retour aux urgences. Analyse des résultats avec le médecin, nouvelle petite auscultation et le verdict tombe. Maëlys est un peu déshydratée, elle doit passer la nuit à l’hôpital et être perfusée. Personne n’est capable de nous dire ce qu’elle a à part un problème aux intestins même si l’on pense que c’est une gastro et qu’on fait tout pour les mettre sur la voie. Il est 22h30 lorsque l’on sort des urgences direction le bâtiment principal où la galère se poursuit. Accueil dans le hall du grand bâtiment (tiens ici les ascenseurs marchent, c’est plutôt bon signe même si c’est très sale). Passage à la caisse. La fille sort de sa léthargie et au bout de 10 mn on comprend qu’il n’y a plus aucun lit disponible. Et alors, on fait quoi, on dort dehors ? On insiste et on comprend qu’elle appelle différents services à la recherche de l’improbable lit disponible. Puis elle s’arrête sans rien nous dire. On la relance. De nouveau c’est non. On insiste, elle reprend son téléphone, le repose et retourne s’asseoir sans un regard pour nous. Et rebelote, on refait ce sketch en boucle pendant 1 heure jusqu’à ce que finalement on nous convie, énervés, à monter à l’étage. On sait bien qu’on n’aura pas une suite pour nous tout seul mais ce qui nous attend nous surprend quand même. Il est 23h30, on passe par un escalier insalubre et non chauffé et on débouche sur un service pour bébés assez classique avec son long couloir, le pôle médecin et infirmières au centre et les chambres (de 3) de part et d’autre. Le tout pourrait paraître proche de nos standards s’il n’y avait la saleté bien visible partout. Petite particularité, il y a également les toilettes (à la turque, dégueulasses, bien odorantes et sans porte) qui font face aux chambres. Mais le plus fun est dans le couloir. Comme il n’y a plus de place, plusieurs lits supplémentaires y ont été placés. Drôle de bordel où on slalom entre les lits, les parents en pyjama qui se baladent sans arrêt, les visites (eh oui à n’importe qu’elle heure), les bébés, tous transfusés avec l’aiguille plantés dans une veine de la tête et le crâne en partie rasé. Apparemment on se serait bien passé de nous et on ne sait pas trop quoi faire de nous. Un nouveau médecin voit Maëlys. Il n’a pas trop d’avis mais nous faire comprendre que sa pension est complète. On nous fait remplir un formulaire où, dérouté par les caractères sur mon passeport, ils se contenteront d’écrire l’équivalent de Maëlys en idéogrammes phonétiques. En revanche ils insistent lourdement pour que j’écrive mon adresse complète en France. Au bout de 20 mn d’attente et d’incompréhension on nous sort d’on ne sais où un lit qu’on nous installe dans le couloir sous un gros néon. Il fait très chaud et on n’ose imaginer les maladies qui traînent dans cet univers particulier. Personne ne parle anglais sauf un infirmier, appelé d’un autre service et qui parle un peu. Il nous dit qu’on va la perfuser. Ok. Mais d’abord il faut repasser par la caisse. L’hôtesse toujours aussi aimable tape sur sa calculette le chiffre de 2000 Yuan (soit 200 €). Ca me paraît totalement disproportionné par rapport au service (un lit dans un couloir miteux) et surtout absolument pas en ligne avec le niveau de vie du chinois de base. Explications de nouveau et je comprends qu’il s’agît en fait d’un dépôt de garantie à valoir sur les actes. Je me demande quand même comment les chinois peuvent sortir cette somme. 
Retour à l’étage où malgré l’heure presque personne ne dort. Presque toutes les chambres sont allumées et ça bouffe, ça crie, ça regarde la télé, ça téléphone, ça défèque dans des bassines, ça déambule. La sonnerie du standard ne cesse de résonner. Les linges sont étendus dans le couloir. On est vendredi soir et c’est peut-être pour ça qu’en plus des mamans, quasiment tous les papas sont là. Les lits sont occupés par les bébés et leurs mamans, parfois le père y trouve une petite place sinon essaye de dormir sur une chaise où un tapis à même le sol. On vient s’occuper de Maëlys. Seul point rassurant, les seringues sont stérilisées et les infirmières appliquent les consignes de stérilisation. On demande tout de suite que la perf se fasse au bras et non à la tête (on ne va quand même pas la raser). Ok pas de problème. Tandis qu’e l’infirmière lui plante l’aiguille Maëlys ne crie pas une seule fois. Elle observe, intriguée et courageuse. On lui met du chlorure de sodium puis plus tard du glucose. Voilà, c’est fait, il est maintenant près d’une heure du matin et Aline essaye maintenant d’endormir Maëlys. Je sors dans la rue voir s’il n’y aurait pas un hôtel à proximité. Il y en a deux mais à chaque fois, après le classique sketch de la langue je comprends que soit c’est plein soit on ne veut pas de moi. Retour à l’hôpital. Maëlys ne dort toujours pas. Encore 20 mn à attendre qu’elle s’effondre. Il est temps d’essayer de nous reposer aussi. Aline se case dans le lit à côté de Maëlys quant à moi j’ai repéré une petite salle au bout du couloir qui sert aussi de lieu de séchage pour les linges et où il y a un rebord de fenêtre qui fera l’affaire pour m’allonger si je ne suis pas trop exigeant sur la poussière et un camarade de fortune qui ronfle à côté. Au total j’arriverais à dormir ¾ d’heure, et Aline à peine un peu plus. Le jour s’est levé, nous sommes en pleine forme pour commencer une nouvelle journée de bonheur. Jeudi 28 FEVRIER 2008 « Du bus, du bus et encore du bus » Réveil encore assez tôt, car nous quittons la ville, pour rejoindre notre prochaine étape, conscients que la journée risque d’être un peu fatigante car un long trajet en bus nous attend. A cela s’ajoute notre inquiétude vis-à-vis de Maëlys qui ne veut toujours rien manger et qui a vomit hier soir son lait, le seul liquide qu’elle accepte. Nous savons toutefois que les médicaments que nous donnons depuis hier soir, ne peuvent rétablir la situation en une seule nuit. En tous cas, malgré son état, Choupinette reste souriante et ne se plaint pas… Comme la gare routière est à moins de 5minutes à pieds, Jérôme part déjà avec les valises tandis que Maëlys et moi faisons une halte à l’épicerie pour lui trouver du jus de pomme et des petits pains, des aliments neutres pour le trajet, en espérant qu’elle les accepte. Lorsque j’arrive sur le parking de la gare, c’est un peu le bazar, comme on commence à être un peu habitué ici, entre les véhicules, les passagers, les bagages (surtout des sacs de riz reconvertis) et les vendeurs ambulants… et bien sût, tout est en chinois. Ayant les billets à la main et surtout Maëlys dans les bras, on m’indique assez facilement le bon bus. Reste que je ne vois pas Jérôme, qui a pourtant dû arriver avant nous. Je tourne partout, faisant signe au chauffeur d’attendre. Toujours rien. On me prête un téléphone, mais la communication ne passe pas. L’heure du départ est imminente et toujours pas de Jérôme en vue. Le chauffeur me fait comprendre que je peux essayer de faire un appel micro. Je le suis vers le guichet et, voilà Jérôme qui apparaît… il m’attendait à une autre entrée, inquiet pensant que Maëlys n’allait pas bien… Nous pouvons monter à bord. Là, surprise (enfin, s’il on peut dire) ! C’est à bord d’un bus un peu vieillot, pas très propre et déjà bondé, que nous montons. Nous faisons comprendre à l’un des passagers que ce serait sympa qu’il se déplace à une autre place pour que nous soyons tous les 3 ensembles (sur 2 fauteuils, bien sûr !). Et nous voilà partis pour finalement 8h de bus ! Et l’on peut dire que ce fut assez roots! Entre les raclements de gorges bien intenses, les crachats dans le seau, les longues sonneries de téléphone, les odeurs de viandes séchées emballées sous vide, et j’en passe !, nous avons été servis ! A plusieurs reprise il nous a fallu faire signes aux fumeurs d’éteindre leur cloppe (sans scrupule car le signe « no smoking « était bien visible… même si le chauffeur fumait tranquillement !). Comme les fenêtres ne pouvaient s’ouvrir et qu’aujourd’hui, le soleil brillait, nous avons vite eu chaud. Pas un passager ne semblait en être gêné, emmitouflé dans leurs blousons. Mais avec Maëlys malade, il nous fallait un minimum d’air. Munie du routard (où il y a un tout petit lexique), je suis allée voir le chauffeur. Plutôt compréhensif, il lance la ventilation et crie quelque chose à voix haute. Et là, en 2 temps 3mouvements, les ¾ des passagers, même ceux qui étaient endormis, se sont relevés et ont activé l’arrivée d’air au dessus de leur tête. Pas un ne s’était manifesté avant !! La fin du trajet nous paru assez longue car on dépassait les 7h de route prévus initialement et que nous n’avancions là que pas à pas, pris dans les embouteillages de la ville. Une fois arrivés, nous avons préféré enchainer avec un autre bus pour arriver ce soir à Pingyao, que l’on dit être une charmante cité. Car journée foutue pour journée foutue, autant qu’il y en ait qu’une ! Nous enchaînons avec un trajet en taxi pour rejoindre l’autre gare routière de l’autre côté de la ville (pour faire simple quoi !!) et montons dans un nouveau bus, qui s’avèrera légèrement moins vieux, mais tout aussi bondé que le premier. Cette fois, nous arriverons à destination en 2 heures, à la tombée de la nuit. A la descente du bus, des cyclo-taxi nous attendent et les chauffeurs se battrons presque pour avoir la course. Nous ne négocierons même pas le prix, au grand plaisir de notre chauffeur, qui prendra la liberté de nous déposer devant une autre guest-house que celle demandée. Mais nous ne lui en voudrons pas trop car on nous accueille en anglais, avec même quelques mots de français ! Par acquis de conscience, Jérôme ira voir les 2 autres établissements recommandés par le guide, mais nous opterons pour celui-ci « Harmony guest house ». Les chambres sont petites et traditionnelles, avec une sorte de grande et large couche pour élément central. Un terrain de jeu sympa pour Choupinette. Nous dînerons ensuite tranquillement sur place, partageant notre table avec 2 autres jeunes, eux aussi en globetrotteurs… Maëlys ne peut toujours rien avaler. Mercredi 27 FEVRIER 2008 « Temple Shaolin et site de Longmen »  Maëlys a correctement dormi cette fois et n’a pas vomi (il faut dire qu’elle n’a quasiment rien mangé la veille). Ce matin elle accepte son biberon de lait et du jus de pomme. Comme il n’y a vraiment rien à faire à Luoyang, on se rend de bon matin à la gare des bus pour d’abord sécuriser un billet de bus pour le lendemain et déguerpir de ce trou où nous sommes empêtrés. C’est bon il reste de la place mais ça veut dire que nous passerons toute la journée de demain dans le bus. Que du bonheur en perspective ! Et pour aujourd’hui même on prend des places pour le bus de 9h00 qui dessert le temple de Shaolin. Pour la prouesse de réserver ces 2 voyages il nous a fallu près d’une demi-heure et la guichetière assistée de 3 ou 4 personnes. C’est déprimant : à chaque fois la guichetière ne parle pas anglais et essaye de se débarrasser au plus vite de nous par un geste de la main qui doit vouloir dire non (apparemment les chinois ne savent pas hocher positivement ou négativement de la tête). Mais, comme on insiste et qu’en plus on a le nom de nos destinations écrit en chinois dans notre guide (ou par la réceptionniste de l’hôtel) on voit défiler l’un après l’autre de nouveaux employés. A chaque fois on croit naïvement qu’ils sont allés chercher la perle qui baragouine 3 ou 4 mots d’anglais. Peine perdu mais plus on est de fous plus on rit. Commence alors un véritable sketch. Aidé de notre guide et de dessins sur le papier il faut d’abord faire comprendre ou on veut aller. Facile, direz vous, il suffit de bien leur écrire ou leur prononcer la ville. Et ben non, même avec le nom écrit en idéogramme ce n’est pas gagné et on a l’air débiles à répéter ou à leur montrer 100 fois le nom (comptez 10 mn). Une fois cette étape passée il faut connaître les horaires (10 mn). Pour les horaires retours on a définitivement renoncé. La date est aisée quand c’est aujourd’hui ou demain ; pour après-demain il faut faire de nombreux graphiques mais là aussi on est tenté de renoncer. Enfin, il faut connaître le prix et payer (encore 10 mn). En conclusion soit on n’a pas la même logique, soit le chinois de base, à peine arrivé en ville et sans éducation confine au débile profond. On monte enfin dans notre bus pour Shaolin et on s’embarque pour 2 heures de trajet. Il fait très froid ce matin (4°) mais à aucun moment le chauffeur à l’idée de mettre le chauffage. Ca caille vraiment aussi, au bout de 20 mn, n’en pouvant plus, et comme aucun passager (de braves moutons habitués à être traité comme du bétail) ne demande, j’interviens et on nous met enfin du chauffage. Il faudra encore intervenir pour faire éteindre quelques cigarettes. La campagne est aussi triste que la ville. Des maisons déglinguées, des trottoirs inexistants et partout de la terre et ce gris qui recouvre tout à cause de la pollution (même avec le soleil ça reste lugubre et un hâle de fumée flotte dans l’air).
On grimpe un peu en altitude et on nous dépose au site de Shaolin. Pour les adeptes d’arts martiaux, Shaolin c’est Rome ou La Mecque. C’est depuis ce temple bouddhiste que les moines ont perfectionné, enseigné et répandu à travers le monde le Kung Fu. Las, aujourd’hui l’argent roi a pris le dessus et un grand parking, une batterie de bus et un centre commercial accueillent pèlerins et touristes. Un peu à côté cependant, se trouvent les dortoirs et zones d’entraînement des moines et de leurs disciples. La congrégation accueille pas moins de 6.000 disciples qu’elle forme au Kung Fu dès le plus jeune âge. Nous pouvons ainsi voir de jeunes écoliers s’exercer dehors. Nous nous rendons ensuite au Temple qui se révèle plutôt intéressant et grand mais envahi de touristes (chinois car il n’y a pas u |