du 18 février au 26 février 2008

Récits de voyage > journal de voyage
Chine - 2ème partie
de MAJ, le 03-03-2008

du 18 février au 26 février 2008

ATTENTION : CE CARNET EST PRESENTE EN ORDRE CHRONOLOGIQUE INVERSE (les nouvelles les plus fraîches en tête). SI VOUS SOUHAITEZ CONSULTER DANS L'ORDRE DES EVENEMENTS, PARTIR DU BAS.

 

Mardi 26 FEVRIER 2008
« Train et galère pour la suite »

Drôle de journée aujourd’hui…. Tout d’abord, il faut dire que nous avons tous les 3 mal dormis ; vers 1H30 du matin Maëlys s’est réveillée et a vomis tout son repas. Bizarre mais c’est vrai qu’on avait remarqué que dans la journée elle avait moins d’appétit. Alors quand le réveil s’est mis à sonner aux aurores, ça nous a fait tout drôle ! Mais pas le temps de traîner, car nous avons un train à prendre, direction Luoyang, une petite ville (enfin 1,5 millions d’habitants, mais pour la Chine, c’est petit !). Arrivés à la gare, nous devons attendre encore car notre train a du retard. Ne pouvant plus tenir, je fais une tentative vers les toilettes. Quelle surprise ! au-delà des odeurs caractéristiques et franchement pas joyeuses de bon matin, les toilettes se résument à 2 allées de toilettes à la turques, avec juste des petits murets de moins d’un mètre de haut en guise de séparation, autant dire que l’intimité est ici réduite à zéro ! Cette fois encore, notre train est plutôt ancien et même les compartiments en 1ère classe laissent à désirer. En revanche, nous ne serons pas seuls dans notre compartiment, une petite famille avec un petit garçon de 3 ans est déjà là depuis la veille et s’est déjà bien étalée sur les banquettes. La barrière de la langue nous empêchera de vraiment communiquer, mais nous réussirons à nous comprendre pour la base, en ce qui concerne les enfants. Comme il est de coutume en Chine, ils ont proposé à Maëlys de goûter à  toutes leurs victuailles : des biscuits ok, mais les abats en sauce, non merci ! Cependant, dès notre arrivée dans le train, un jeune chinois Lewis et son amie, nous abordent en anglais. Lui est à l’académie militaire et tous deux semblent ravis d’avoir ainsi l’occasion de parler avec des français. Nous passerons une bonne partie du trajet ensemble, notamment Jérôme. Tous deux ont pu aborder toutes sortes de sujets, même la politique ! Le train arrive à destination avec du retard, et le temps d’arriver, à pieds à l’auberge de jeunesse, il est presque 17h. Jérôme nous laisse Maëlys et moi, pour se renseigner sur les principales visites puis il retourne à la gare pour réserver nos prochains billets de train pour Pingyao. Ah oui, j’ai oublié de préciser que notre étape là, à Luoyang n’est pas indiquée dans le routard, mais nous l’avons vu proposée dans des circuits organisés, d’où le peu d’infos ! Il ne rentrera que plus d’une heure et demie après, bien embêté car il n’y a plus de place disponible avant 4 jours pour la ville où nous comptons aller (Pingyao), et comme l’employée au guichet s’est montrée très peu coopérative (plus pas un mot d’anglais), cela n’a pas facilité les choses. Renseignements pris auprès de l’auberge, il repart vers la gare en vue de rechercher d’autres destinations, refait la queue, tombe sur des guichetières toujours aussi avenantes etc.… et 1h plus tard, le revoilà, mais de nouveau bredouille… La seule option qu’il nous reste est de faire un détours et de prendre d’abord un bus pour plus de 7h de route ( !!) puis un train ou encore un bus pour 2h de trajet….sympa non ? Bon, pour le moment, nous décidons de sortir pour dîner. Dans le taxi qui nous mène dans le vieux centre, nous essayons de nous renseigner sur le prix du trajet vers Pingyao et d’éviter ainsi le bus. Le chauffeur ne parle pas un mot d’anglais mais appelle le Central taxi puis un copain. On l’a au téléphone mais on a du mal avec son anglais. Qu’à cela ne tienne, il nous rejoint dans le taxi. Rapidement on comprend que son anglais se limite à « hello ». En plus c’est vraiment pas une flèche et d’évidence il n’a jamais entendu parler de la ville où l’on veut qu’il nous emmène. Malgré cela il se lance dans une proposition de prix qui confirme qu’il est largué : 15 € pour une distance aller-retour que j’estime à environ 1.000 kms. Après un bon quart d’heure de demi-discussion, pour ne pas dire d’incompréhension, nous laissons tomber. Allez, il fera jour demain, allons dîner avant que les restos ferment leurs portes. Comme durant toute la journée Maëlys ne veut quasiment rien manger hormis son biberon de lait et un peu de yaourt et de maïs. La soirée ne s’éternisera pas car nous sommes un peu crevés et que le réveil sonne tôt demain…

 
Lundi 25 FEVRIER 2008
« Journée à Xi'an »
 

On décide de rester une journée de plus à Xi’an et de la consacrer à la visite de la ville. Nous commençons par un marché typique chinois, c'est-à-dire qu’on en ressort avec une étrange envie de vomir. Il est vrai que les odeurs sont fortes, particulièrement au rayon poisson ou du côté des boucheries. Visuellement ça tient aussi la corde avec le sang frais des poissons qu’on trucide devant vous, les poulpes qui débordent des bacs, les amoncellements d’agneaux ou de poulets aux yeux vitreux et toutes sortes d’autres animaux étranges, morts ou en simple sursis. Nous repartons le cabas vide. En cherchant un temple on tombe par hasard sur une très jolie petite mosquée qui n’apparaît sur aucun guide. Là encore l’architecture est totalement chinoise et ne serait-ce les quelques incantations écrites en arabe on ne pourrait pas deviner de l’extérieur qu’il s’agit d’une mosquée. La plus belle visite de la journée sera celle du temple du dragon couché. Ce temple bouddhiste, peu fréquenté par les touristes (on n’en a pas vu) est encore habité par des moines. Il se compose de plusieurs petits temples et salles de prière très bien décorées, séparées par de calmes et sereines petites coures. Les moines vaquent à leurs occupations (récitation de mantras, découpe d’allumettes) ou simplement piquent un roupillon adossés à un temple. L’occasion de faire de jolies photos et de se reposer de l’agitation de la rue.

Nous poursuivons notre découverte en allant sur un site beaucoup plus renommé (mais avec beaucoup moins de charme : la Forêt des Stèles. Dans ce temple dédié à Confucius a été aménagé un musée rassemblant la plus belle et complète collection d’écrits sculptés dans la pierre de Chine couvrant une période de 1.500 ans jusqu’à nos jours. C’est certainement exceptionnel par la richesse mais un peu hermétique pour qui ne lit pas les idéogrammes. Heureusement il y a également une galerie rassemblant de magnifiques sculptures, statuettes et tablettes. A côté de la forêt des stèles on trouve quelques rues commerçantes (pour touristes) avec de notamment de belles collections de pinceaux.

Nous terminons la journée en nous rendant hors de remparts de la ville à la petite pagode de l’oie sauvage. Le prix est exorbitant (5€) et ne se justifie en partie que par la présence rassemblant de très jolies poteries et sculptures. Retour à l’auberge de jeunesse, détour par le quartier musulman pour quelques dernières emplettes puis nous retournons dîner dans le restaurant où nous nous sommes rendus la veille, accompagnés cette fois d’Etienne (rencontré hier) et d’un anglais.

 

 
Dimanche 24 FEVRIER 2008
« L'armée enterrée de l'empereur Quin »

Oh, oh ! En nous levant ce matin, nous avons eu la surprise de voir que la neige avait fait son apparition… d’ailleurs, elle nous accompagnera toute la journée ! Mais ce n’est pas une raison pour traîner au lit ! Nous descendons déjeuner au petit resto de l’auberge, où nous rencontrons un français, Etienne, pompier volontaire à Grenoble, en voyage à travers la Chine depuis déjà 3 semaines. Nous convenons de faire la visite de la fameuse Armée enterrée du 1er empereur Qin (terracotta Warriors) ensemble. Arrivées à la gare, nous nous mettons en quête du bus public qui s’arrête devant le site, à environ 40km de la ville. Pas simple car l’esplanade de la gare est déjà bondée en temps normal, alors par temps de neige, c’est un joyeux « bordel » (désolée pour l’expression !) qui y règne, et toujours des indications en chinois. Heureusement que nous avons le routard et que nous allons vers un lieu très touriste en haute saison (l’un des endroits les plus visités au monde !). Nous trouvons le bon bus et arrivons après un trajet bien chahuté, d’une petite heure. Après une petite marche, dans la neige nous accédons au site qui se compose de 3 entités. Pour la petite histoire, c’était il y a 20 siècles en arrière, le 1er empereur d’une chine unifiée, hanté par la mort, fit construire dès ses 13 ans, son tombeau qu’il voulait protéger pour l’éternité : ce sont des milliers de guerriers de terres qui ont été édifiés, de presque 2m de haut sans oublier les chars et chevaux. Le tout avec des détails saisissants comme les oreilles dressées et les muscles des chevaux tendus, signe d’alerte et de vigilance ! Et dire que ce tombeau unique et impressionnant a nécessité l’intervention de plus de 500 000 personnes pendant 36 années.

Tout cela ne fait que rendre plus intense la découverte de ces splendeurs ! Au-delà des salles 2 et 3 où l’on découvre des chars aux multiples détails, et certaines statues à demi reconstituées, la 1ère salle offre la vue la plus spectaculaire avec une surface de plus de 200 m de long et plus de 60 de large ou s’alignent un millier de guerriers en pierre, les seules statues qui aient été dégagées à ce jour. Il reste encore une large surface à explorer. Même si il fait froid et que, pour ma part, j’ai les pieds gelés et trempés, nous ne regrettons pas cette visite, bien au contraire ! Avant de reprendre un bus pour rentrer, nous faisons une pause dans l’un des rares restos du coin. Nous sommes quand même loin des habitations, alors forcément, le choix est limité aux quelques restos à touristes. Les prix affichés en témoignent ! Nous réussirons tout de même à négocier un peu car c’était un peu abuser!! Repas assez frugal et quelconque, mais au moins, on s’est réchauffés un peu ! Une fois rentrés à l’auberge, nous nous mettons au chaud. Pendant que Jérôme rattrape un peu le retard sur l’ordi, je m’offre une séance de pédicure chinoise en chambre : une demi-heure pour 3 euros, ça en vaut la peine !! Après ça, nous sortons tester l’un des resto-self chinois, où l’on peut choisir ses plats et notamment ses bouchées, fourrées à toutes sortes de choses. C’est bien sympa mais personne ne parle anglais, alors on a eu quelques petits ratés (les abats, même hachés dans un ravioli, rien à faire, on ne s’y fait pas). Jérôme ne résistera cependant pas longtemps à l’appel de la pizza (dispo aussi sur place !!. Pas extra, mais avec du fromage, c’est déjà ça !!).

 
Samedi 23 FEVRIER 2008
« Arrivée par le train à Xi'an »

 

Nous poursuivons durant toute la matinée notre voyage en train. Le jour s’est levé et l’on ne peut pas dire que le milieu de l’Empire du Milieu soit transcendant. Bien qu’il y ait du soleil, une brume grise bouche l’horizon et rend encore plus sinistre le spectacle. On alterne villages miséreux, boueux et couverts d’immondices avec villes tristes ou de nouveaux blocs viennent compléter d’anciens blocs et rivalisent de laideur. Par certains côtés ça nous rappelle la Roumanie il y a 5 ans. A même système politique, mêmes effets. On se demande naïvement pourquoi tous ces migrants quittent leur campagne pour rejoindre ces villes sinistres où ils vivront entassés comme des animaux. Après avoir vu l’état de la campagne on se pose moins la question. Les infrastructures (ponts, autoroutes…) sont d’évidence en plein développement. Elles semblent même un peu en avance quand on voit au milieu de nul part ces larges 4 voies quasi désertes. Côté blocs en revanche, on semble avoir oublié que d’ici 10 ans tout le monde aura une voiture. On continue à les construire serrés les uns contre les autres sans aucune place de parking. Ca promet ! La pollution semble omniprésente et toutes les 5 mn on passe une centrale électrique au charbon. Partout une couche de poussière recouvre villes et campagnes.

Arrivée en gare de Xi’an : le parvis est bondé de monde, c’est à peine croyable. Des milliers et des milliers de personnes attendent avec de gros sacs le départ d’un train ou d’un bus. On essaye de s’éloigner pour prendre un taxi mais la foule est omniprésente et ce n’est qu’après environ 15 mn de marche que l’on trouvera un taxi. Direction une auberge de jeunesse place de la tour de l’horloge au centre de la ville. Après nous être installés nous descendons nous promener dans le quartier musulman (ethnie Hui) où les rues sont particulièrement animées et où l’on trouve toute sorte de plats préparés dedans et dehors. La plupart des spécialités sont à base de mouton mais d’une manière générale ça a l’air beaucoup plus appétissant que ce que l’on a vu ailleurs en Chine.

Nous nous enfonçons dans une ruelle en direction de la grande Mosquée. C’est un ensemble magnifique avec une forte inspiration architecturale chinoise. En chemin dans les boutiques on trouve toutes petites babioles pour touristes et notamment la possibilité de faire graver son sceau avec son nom de famille. Et là pas besoin de se fatiguer à épeler son nom, la boutique dispose de recueils des noms propres de chaque pays. On cherche et miracle on trouve Caillat, mais aussi et c’est beaucoup plus rare Pihier. On termine la soirée par un resto pour chinois dans la rue passante où l’on déguste des raviolis aux crevettes et poulet. On complète dans la rue par quelques autres mets puis retour à l’auberge de jeunesse. 

 
Vendredi 22 FEVRIER 2008
« Suzhou puis train de nuit pour Xi'an »

Nous partons plus tôt ce matin, afin d’optimiser le temps que nous avons avant de reprendre le train. Nous avons sélectionné entre autres, 2 autres jardins à visiter, parmi les 8 plus beaux et classés par l’Unesco, dans cette cité de Suzhou que l’on décrit comme une ville-musée ou comme la Venise de l’Orient ( ??? ce n’est pas quelques cannaux nauséabonds qui peuvent rivaliser). Nous commençons par le Jardin du Maitre des Filets, l’un des plus petits mais sans doute l’un des plus beaux. Il a même servi de modèle au jardin du pavillon des Ming du Metropolitan Museum de New York. C’est vrai que son petit étang entouré de plantes, de corridors, vérandas et petits kiosques appelle à la contemplation et au calme… Nous enchaînerons ensuite par la visite de la porte Pan et la Pagode Ruiguang. Nous avons de la chance car le soleil commence à percer, ce qui rend le paysage autour de la grande et haute Pagode (5 niveaux) bien agréable et compense le manque de feuilles et de fleurs. Le site est vaste, avec de nouveau un lac au centre et un jardin autour où deux petits groupes de chinoises jouent aux cartes en grignotant des graines. Le tout est bien paisible et nous apprécions le peu de visiteurs… A quelques pas de là, se trouve la porte de Pan, une haute porte sur les remparts surmontée d’une toiture à l’ancienne. Nous devons franchir une étape incontournable : le stand de photos « en costumes » où nous sommes accueillis par de larges sourires… et très vite Jérôme engage la petite négo de rigueur. Bon allez, d’accord, on va jouer les vrais touristes ! Nous voilà donc tous les 3 revêtus de pseudos costumes d’époque, posant devant un pseudo photographe (vu le cadrage final !!)…

Bon, après cette pause photos un peu forcée, nous reprenons un taxi pour aller vers le jardin Liu, le jardin « de la nonchalance ». C’est vrai qu’il a un côté attachant (qui doit être particulièrement le cas aux beaux jours) avec ses petits recoins, ses galeries couvertes, ses arbustes et ses pierres levées (il parait que cela coûte une fortune !). Les puristes lui reproche d’être un peu trop chargé, en terme de style architectural… ce qui n’est pas flagrant à nos yeux… Nous profiterons d’un recoin tranquille pour pique-niquer au soleil. Un moment au calme avant de retrouver l’agitation de la rue et en particulier celle de la gare. Nous arrivons à Shanghaï en une petite heure. Là, Jérôme file vers le métro pour rejoindre l’appart d’Archibald et récupérer nos valises. Il galèrera un peu en reprenant le métro car chargé ou pas chargé, on ne le laissera pas passer facilement : les chinois se tassent devant les portes pour monter à bord, sans attendre que les passagers descendent ! En fin d’après-midi, nous remontons dans un train, pour un trajet de plus de 20 heures !! Dur, dur ! Alors que nous espérions tomber sur un train moderne comme le 1er que nous avons pris, nous découvrons que c’est à bord d’un vieil engin que nous voyagerons ! Heureusement que nous avons des places « confort » (cad des compartiments de 4 couchettes) et que nous serons les seuls dans notre compartiment car en classe éco, c’est une vraie « bétaillère » : places assises  avec d’autres personnes dans les allées, debout ou sur des tabourets, avec les racks débordants de paquets pleins à craquer !

Deux hôtesses nous accueillent et nous prennent nos billets qu’elles rangeront soigneusement dans un classeur. En échange, nous recevons une carte avec le numéro de notre place. L’échange inverse se fera à la fin du voyage, mais ne nous demandez pas pourquoi, ce n’est vraiment pas clair !! Comme elles ne parlent pas un mot d’anglais et que notre chinois est plus que limité, nous arriverons à nous faire comprendre grâce à des dessins et au micro lexique de notre guide. Maëlys ne semble pas perturbée par son nouvel environnement et sera plutôt cool tout le long du voyage. Il faut dire que ça nous rappelle un peu notre van new zélandais côté espace ! Puis, vient l’heure d’aller dîner et donc de tester ce superbe wagon restaurant (ceci est bien sûr assez ironique, car le décor est assez kitch et pas forcément très clean). Le choix est bien entendu limité, mais nous aurons quand même un poulet aux légumes (pas trop mal !) et un poisson, plein d’arrêtes. Sans oublier le bol de riz, la valeur sure !! En revanche, nous serons de véritables bêtes de cirque durant toute la durée de notre dîner : tous le monde nous regarde ou plutôt nous scrute, en particulier une serveuse, qui, sans gêne s’est installée derrière Jérôme et nous observe par-dessus son épaule. Forcément, nous retournerons vite dans notre compartiment. Soirée tranquille et dodo assez rapide pour Choupinette bercée par le ronron du train. Nous suivrons un peu plus tard, après avoir longtemps observé le paysage et les habitations assez tristes à vrai dire, des bourgades que nous traverserons.

Jeudi 21 FEVRIER 2008
« Hangzhou et les jardins de Suzhou » 

Nous avons encore la matinée à passer avant de quitter la ville. On prend congé de l’hôtel et commence par la visite de la pagode « Baoshi » sur une colline au nord au nord du lac. Un peu dur au réveil la première montée des centaines de marches avec Maëlys et les sacs à dos. La grande pagode en brique de 45 m de haut n’est pas extraordinaire, en revanche on a de là une belle vue sur le lac et la ville sur la rive orientale, même si elle est un peu cachée par la brume matinale (ou serait-ce la pollution ?). On redescend se promener au bord du lac et nous rejoignons sous un kiosque un groupe de vieux chinois en train de danser. Un petit pas de danse avec Maëlys et nous voilà de nouveau bien entourés et observés. Nous passerons notre dernière heure en retournant dans le quartier de Hefang Jie et sa rue commerçante aux bâtiments anciens rénovés. Il y a dans cette rue un véritable charme même si les boutiques sont désormais plus destinées aux hordes de touristes chinois. Seul, en bout de rue la présence d’un Mac Donalds dénote (là où l’enseigne apparaît le voyage s’arrête). On déambule péniblement dans la rue, d’abord car il y a beaucoup de monde mais surtout car les chinois s’agglutinent pour voir Maëlys.

Nous sommes devenus une attraction et la foule appelle la foule. Tout le monde veut la prendre et la photographier. Un type nous suivra même pendant une demi-heure, son appareil photo à la main. Le plus amusant dans cette rue sont les pharmacies (rien à voir avec nos pharmacies) où les vedettes sont les racines de ginseng. La plus illustre d’entre elle, la pharmacie Hugingyu Tang est un véritable musée. Le personnel en blouse blanche trône devant des alignements de bocaux mystérieux. Très dépaysant. Voilà, c’en est fini de Hangzhou, nous prenons le taxi jusqu’à la gare. Cette fois on a prévu large et on arrive 45 mn avant le départ du train. Largement le temps de faire quelques courses pour le déjeuner dans les étals à même la gare. C’est un peu la cour des miracles et nos estomacs d’occidentaux se retournent au spectacle de certains des plats qui sont préparés. Il est vrai que l’on n’est pas fan de têtes de canards ou de pates de poules… Direction le hall principal où, aie ! ça commence mal, notre train n’est pas affiché. Panique à bord on arrive à comprendre que le train part d’une autre gare à 25 mn de taxi de là (merci pour la préposée qui la veille ne m’a pas prévenu de ce petit détail). Or il nous reste juste 25 mn avant le départ. On s’engouffre dans un taxi, on lui montre l’horaire sur notre billet et à attendre son « oohhh », on sait que ce n’est pas gagné. Finalement on arrive 5 mn avant l’heure et on peut embarquer au dernier moment. Ouf !

Plus de 3 heures de train en repassant via Shangaï et nous voilà en milieu d’après midi sur le parvis grouillant de monde de Suzhou, petite agglomération de… 2 millions d’habitants. Cette ville est classée au patrimoine mondial de l’Unesco pour ses nombreux jardins à la chinoise. Comme ceux-là ferment tôt, on cherchera un logement plus tard et on se rend directement visiter l’un des plus fameux d’entre eux : le jardin de la Politique du simple. Ce grand jardin de 5 ha est divisé en 3 parties avec un entremêlement de plans d’eau, rochers (pierres levées), ponts, pavillons style pagode, érables et cyprès. Pour les chinois c’est le summum de la poésie. Nous sommes moyennement convaincus mais sans doute est-ce bien différent au printemps ou en été. En quittant le jardin on traverse la ville en cyclo-pousse en longeant les canaux de la ville. C’est moins beau et « romantique » que ce que les guides décrivent. Pour le dîner on sort dans la rue où, un peu partout, partent des feux d’artifices et des pétards mitraillette pour célébrer la première pleine lune (fête des lanternes). On cherche un resto sympa mais en Chine on n’aime pas la lumière tamisée et plus il y a de lumière blanchâtre mieux c’est. Une vraie ambiance cantine. On se résout donc à entrer dans un de ces établissements en espérant être plus ébloui par la cuisine que par les spots et les néons. Mais en consultant la carte et ses jolies photos on part en fou-rire : hormis les pâtés de tête, les têtes ou pattes de canard, les pieds de cochon, les têtes de poissons (et pas le reste ?) et autres tripes et abats… point de salut. Ah si, il y également la tortue entière dans son jus ! Un régal qui nous fait ressortir de l’établissement avant que notre estomac ne disjoncte. Finalement on atterrira dans un autre resto qui propose des plats plus adaptés aux occidentaux. Ouf !

 
Mercredi 20 FEVRIER 2008
« Apprentissage des transports en commun chinois »

Comme nous avons prévu de passer les 3 jours qui suivent dans les environs de Shanghai, nous avons préféré laisser nos affaires chez Archibald et ne prendre que nos petits sacs à dos. En revanche, il nous faut d’abord acheter des billets de train pour Xi’an, qui doivent être réservés à l’avance, ainsi que des billets de bus pour notre prochaine escale à Zhouzhuang et ses canaux. Et là, le périple commence : après des trajets en métro et un parcours à travers de longs couloirs, nous arrivons à la gare, où seul un guichet a la mention « english speaking » mais la queue y est aussi longue qu’aux autres guichets… et, apparemment pas d’étrangers, seuls des chinois ! Autours de nous, ça grouille de monde et de paquets les uns sur les autres. Jérôme parvient à avoir les infos, mais nous n’avons pas assez de cash. Jérôme se faufile donc vers la sortie, à la recherche d’un distributeur… Ce qui ne fût pas chose facile (mais il faut faire vite car il ne reste plus qu’1 seul train avec 3 billets) ! Entre temps, le guichet ferme. Ah oui, c’est la pause… sacrée ! Donc nous revoilà à faire la queue à un autre guichet que l’on nous a montré du doigt… bon, c’est bon, on a les billets pour vendredi (ce guichet devait être connecté à un autre terminal car ce coup ci il y a pléthore de trains et de places disponibles). Maintenant, nous devons aller à une sorte d’agence de bus qui dessert Zhouzhuang. Pas facile à trouver, surtout quand, forcément, tout est noté en chinois (et dire que nous avions évoqué la possibilité de louer une voiture !!!). Une fois sur place, vers midi, on apprend que le prochain bus part dans 15 minutes, que le trajet dure environ 2h et que le retour est à 16h15… soit 2h sur place !! Ce court temps de visite ne semble pas être un problème pour le personnel. En revanche, l’hypothèse de prendre le retour pour le lendemain, ou même de ne prendre qu’un aller simple, là ça bloque : « No, no possible » !!  Même en insistant, ça ne passe pas… bon… finalement, on nous lâche à contre cœur le nom d’une autre agence de bus.

Par contre, il faut aller à une autre gare. Pour éviter de perdre encore du temps, nous optons pour le taxi. Ok, sur le principe, par contre, dans cette impasse près du stade, il n’y a qu’un taxi, qui refuse tout simplement de nous prendre pour cette course là ! Il veut absolument nous vendre la course jusqu’à Zhouzhuang. Nous nous mettons à marchons et tombons finalement sur un autre taxi, moins borné. A la gare (celle-ci immense et trés moderne) nous cherchons d’abord les guichets. Là, c’est simple, personne ne parle anglais. On arrive à se faire comprendre et on nous envoie vers une autre sortie, après de longs couloirs. Ca devient un peu fatiguant de courir partout, avec Maëlys dans les bras. Ah, la petite agence est là … ah, par contre, le dernier bus est déjà parti, le prochain sera pour demain. Bon, il faut se résoudre… Zhouzhuang ce ne sera pas pour nous ! Et bien tant pis, nous irons directement à Hangzhou. Par contre, il faut faire vite, le train part dans 15 minutes et on doit prendre les billets et traverser toute la gare… Nous revoilà à travers les couloirs, mais en courant cette fois !  Maëlys ne comprend rien !! Ni une ni deux, nous arrivons ric rac dans le wagon, que nous découvrons avec surprise : ce train est tout moderne, digne de nos tgv. Il faut dire que nous avons en plus des places en 1ère (forcément, faute d’avoir précisé la chose, on nous a vendu les billets les plus chers) ! Bon, au moins, on peut se pauser et souffler ! Nous arrivons en milieu d’après midi à Hangzhou, une ville que l’on dit très verte est peu polluée (2 millions d’habitants quand même). Pour tout dire, ce n’est pas ce qui nous a frappé au début, bien au contraire… heureusement que l’on découvrira, plus tard, les abords du lac, au centre de la ville, pour comprendre pourquoi les shanghaïens se ruent vers Hangzhu dès qu’ils le peuvent. Pour le moment, nous allons visiter le Feilaifeng, une sorte de mont sacré, où ont été sculptés,  à même la roche, plus de 300 bouddhas entre le X et le XIVème siècle. Ces bouddhas, plus ou moins grands, aux expressions et postures différentes sont plutôt bien conservés. On en découvre même certains au fond des grottes près des sentiers. Nous visiterons ensuite Le Temple Lingyins, dit le temple de la retraite des âmes. En fait, c’est plus qu’un temple, c’est un site avec pas moins de 72 salles, 9 tours et 18 pavillons, où se repartissent 3000 moines. L’ensemble est tout simplement impressionnant avec ces pagodes aux toits sculptées, ces immenses statues de bouddhas dorées, de guerriers dit protecteurs, richement peints et tous ces détails sur les fresques …  chaque pavillon est différents, mais tous invitent à l’admiration. D’autant plus qu’il ne semble y avoir aucun touriste autour de nous, sauf des visiteurs venus se recueillir. Dommage que nous soyons arrivés un peu tard car nous ne verrons qu’une partie de ce bel ensemble, qui a été restauré plus d’une quinzaine de fois, tout en gardant son style de l’époque.

La nuit étant en train de tomber, nous rejoignons le centre pour trouver un logement : une auberge de jeunesse, plutôt moderne et avec des allures d’hôtels à en juger certains détails. Une petite pause et nous repartons vers le centre cette fois. Nous arrivons vers le coin animé du soir : la place est toute décorée de grandes lanternes et figurines géantes éclairées. Ici, la fête des lanternes est à l’honneur. Nombreux sont ceux qui déambulent sur la place et dans la rue toute proche, qui regorge de commerces de petits objets, de maisons à thés, de spécialités sucrées et de pharmacies-herboristes. Dans ces établissements aux décors typiques, sont exposées toutes sortes d’herbes, de racines et de toutes sortes de végétaux séchés aux mille et unes vertus. Il y a même des racines de ginseng (réputées pour leurs propriétés énergisantes) emballées soigneusement à des prix exorbitants… jusqu’à 46.000 € !  Après cette longue balade, nous nous mettons en quête d’un resto… mais comme nous avons trop hésité et comme il commençait à se faire tard, nous n’avons pas eu le choix… et le resto où nous avons atterri ne sera sans doute pas celui que l’on recommandera par la suite… et oui, il faut bien aussi quelques ratés !!

 
Mardi 19 FEVRIER 2008
« Journée à Shangaï »

 

Daisy, la copine d’Archibald nous accompagne pour cette 2ème journée à la découverte de Shanghai. Le fait qu’elle soit chinoise nous aide à mieux découvrir certaines spécificités qui nous intriguent. Nous voilà de bon matin dans le métro où nous descendons à Pudong, le nouveau quartier d’affaires sur la rive orientale de la ville. C’est là que l’on trouve les plus hautes tours dont la tour de télévision (470 m) et ses horribles sphères roses et la tour Jinmao (430 m). A côté de cette dernière se termine la construction de la plus grande tour de Chine (470 m) avec un sommet au look de décapsuleur. Dans la tour Jinmao, nous visitons d’abord l’hôtel Hyatt, installé du 54ème au 87ème étage (c’est l’hôtel le plus haut du monde !). Au 56ème on entre dans ce qui est sans doute le plus extraordinaire salon d’hôtel au monde : le plafond se trouve… 152 m plus haut, au niveau du 87ème étage. Autour de ce puits géant que les chinois ont surnommé le tunnel du temps se trouve les chambres de l’hôtel. Impressionnant ! On se rend ensuite au 88ème étage, l’étage panoramique (8 est un chiffre porte bonheur en Chine) pour avoir une vue à 360° de Shangaï. Là haut, on se rend mieux compte du gigantisme de cette mégalopole de 17 millions d’habitants.

On aperçoit encore quelques vieux quartiers mais leurs jours sont comptés. Tours d’habitations, blocs fades et tristes s’enchaînent sans fin. A nos pieds les tours du quartier d’affaires continuent de grandir. Tout cela est impressionnant, surtout si on regarde les photos de la ville il y a 20 ans, mais ça ne donne pas envie de vivre dans ce qui ressemble plus à une succession de cages à poules qu’à une ville « à vivre ». Si la ville grandit vite, les bâtiments vieillissent vite car on sent que ce ne sont pas toujours les meilleurs matériaux qui sont utilisés. Ainsi, même les blocs pas encore complètement terminés ont déjà l’air vieux. Petit détail amusant : alors que l’on attend pour redescendre, l’ascenseur s’ouvre sur une quinzaine de touristes chinois. En face d’eux, à 4 mètres, la baie vitrée avec la vue panoramique, but de leur visite. Et pourtant s’ils poussent de s oh ! et des ah !, ce n’est pas pour le panorama qu’ils ignorent totalement. Ils ont aperçu Maëlys et se précipitent vers elle en brandissant leurs appareils photos. Un peu énervant à la longue mais flatteur quand même et surtout amusant dans ce contexte. On quitte la tour et on traverse le fleuve sur un petit ferry au milieu des vélos et des mobylettes. Nous voilà désormais sur le fameux Bond, le quai où l’on retrouve les bâtiments historiques de la ville (avec les édifices des grandes banques du temps des concessions) et la promenade aménagée le long du fleuve. Bondé de chinois et avec Maëlys on est continuellement stoppés en raison des innombrables séances photos. Ca finit par nous ralentir et on pense sérieusement à lui acheter un gros bonnet et des lentilles marron... à moins que l’on fasse payer les clichés ;-)) Dernière étape de la journée, l’immense Place du Peuple et ses bâtiments modernes (Opéra, Musée…). En soirée nous retrouvons Archibald et nous allons dîner tous les 4  dans un petit resto indien (et oui, pas du chinois cette fois !) avec de vrais couverts et le tout très correct.

  

Lundi 18 FEVRIER 2008
« Arrivée à Shangaï et prmiers pas dans la ville »
 

Petite nuit et réveil aux aurores, car notre séjour à  HK touche à sa fin. En route pour l’aéroport pour s’envoler vers Shanghai. Heureusement que le vol était plus rapide que les précédents car nous n’avions pas de siège supplémentaire pour Maëlys… Une fois arrivés à destination, la 1ère chose qui nous frappe, forcément, c’est le froid (aujourd'hui env 4/6°)! Inutile de dire que nous ne sommes pas mécontents d’avoir acheté quelques vêtements chauds à Hong Kong ! Pour nous rendre en ville, nous optons pour la formule express et même ultra express car le train Maglev rejoint le centre en 8 minutes, en faisant des pointes à plus de 430km² ! Déjà un signe de rapidité… A l’arrivée (direct pas besoin de changement pour nous !) Archibald (le neveu de Jérôme) et son amie chinoise, Daisy, sont là pour nous accueillir, ce qui est bien agréable ! Archi, qui est en stage pour la 2ème fois en Chine, vit dans un petit appartement, qui n’est pas pourvu de chauffage, comme c’est souvent le cas ici, étant donné la prédominance de la chaleur. Mais là, pour tout dire, la fonction « air chaud » du climatiseur est plus que bienvenue !!   Une fois installés, nous partons déjeuner tous ensemble, avant de laisser Archi repartir bosser (et oui, on est lundi quand même !!) et d’aller visiter un peu le centre. Daisy, qui vient tout juste d’arriver à Shanghai est de la partie et deviendra très vite une nouvelle copine pour Maëlys.

Nous commençons par la vieille ville, et plus précisément par le Yu Garden, qui l’on dit être parmi les 3 plus importants de la Chine : avec ses petits recoins, ses petits ponts entourés de roches et de buissons ainsi que ces pavillons sculptés, c’est un vrai labyrinthe, qui invite au calme et à la méditation. Cette douceur doit être plus marquée aux beaux jours, avec les premières fleurs… Nous nous baladerons ensuite dans ce vaste marché avec ses boutiques d’état (pas très glamours !) et ces  petites boutiques d’antiquités et de souvenirs, un peu trop axées touristes, vu les prix pratiqués ! Pour ce qui est des touristes, en ce moment, nous ne croisons que quelques touristes asiatiques, venus notamment pour la fête des lanternes : il faut dire que ce quartier à l’architecture typique avec les toitures en pagode et entièrement décoré de lanternes chinoises, rouge et or et de grands personnages colorés et illuminés au centre et sur les fontaines. C’est vraiment très chouette et ça apporte un peu de chaleur, alors que le vent est frais, surtout en fin de journée. Comme nous avons convenu de retrouver Archi pour dîner, dans le centre, nous ne rentrerons pas avant… alors nous déambulerons un peu plus, allant de magasin en magasin, pour regarder, mais aussi pour se réchauffer ! Vers 20h, nous sommes tous réunis, autours d’une table-comptoir de cuisine d’un restaurant où un cuistot est attitré à la table et cuisine devant vous, tout ce que vous commandez, au fur et à mesure. C’était vraiment sympa et à vu d’œil, ça a aussi bien plu a Maëlys qui a bien aimé le concept (je tends mon bol et on me ressert !) et qui a même mangé des légumes (champignons et asperges, c’est pour dire !!). Après avoir bien mangé et bien bu, un taxi nous a remmenés à l’appart, où nous nous sommes emmitouflés sous la couette !

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