ATTENTION : CE CARNET EST PRESENTE EN ORDRE CHRONOLOGIQUE INVERSE (les nouvelles les plus fraîches en tête). SI VOUS SOUHAITEZ CONSULTER DANS L'ORDRE DES EVENEMENTS, PARTIR DU BAS. Lundi 14 AVRIL 2008 « Splendeurs d'Angkor, suite »
2ère journée sur les sites d’Angkor. Nous nous sommes levés avec plus de facilités ce matin, on commence à s’y faire ! Notre chauffeur de tuk-tuk nous attend dehors, avec les yeux qui en disent long sur la fiesta de la veille (réveillon Khmer oblige !). Mais il est toujours de bonne humeur ! Comme nous souhaitions revoir Le Bayon à la lueur du petit jour et sans les nombreux touristes de la veille, nous retournons d’abord sur ce site. Nous avons bien fait car avec les premiers rayons du soleil, la lumière renforce le côté mystérieux et majestueux de ces grands visages sculptés dans la roche. Nous pouvons admirer le tout à notre aise car nous sommes quasiment les seuls! Superbe spectacle ! Nous enchainerons ensuite avec ce qui fut une vraie cité : « la ville de la fortune royale mystérieuse » de ha. Il ne reste aujourd’hui que le temple lui-même, au centre, Preah Khan (l’Epée sacrée du roi), qui fait un peu penser à Ta Phrom car la végétation et surtout quelques gros arbres se sont développés au milieu des pierres et sur les murs. Cet endroit est moins couru des touristes, ce que nous apprécions fortement ! En revanche, il a été victime de vandalisme et de pillage (c’est vrai que de tels site sont difficiles à surveiller dans tous les recoins). Mais nous avons pu admirer les belles fresques, notamment celle présentant Bouddha lorsqu’il est attaqué par les démons et qu’il appelle la déesse Terre. Celle-ci viendra le sauver en tirant ses cheveux qui se transformeront d’abord en torrent, puis noiera les démons… Ce n’est qu’une parmi d ‘autres, toutes aussi travaillées dans les moindres détails. Des détails que l’on peut apprécier se faufilant à travers les tours et les recoins du temple où des merveilles se nichent ça et là.
Nous sommes alors en milieu de matinée et le soleil est maintenant bien installé. Le trajet d’une petite heure, en tuck tuck est donc le bienvenu, car au moins, nous avons de l’air tout en contemplant le paysage avec les petits villages de maisons et surtout de cahutes sur pilotis. Nous enchainons donc avec un petit mais remarquable temple : Banteay Srei (la Citadelle des femmes). Différence notable au 1er coup d’œil : la couleur terracotta des roches utilisées qui le distingue des précédents temples. Mais l’aspect le plus frappant reste la finesse et la précisions des sculptures. Pas étonnant que l’on dit de ce temple qu’il est « un joyau de l’art Khmer ». Les fresques tout comme les sculptures sur les murs eux même témoignent d’un souci du détail évident, allant jusqu’à représenter les dents des animaux sur seulement quelques centimètres. C’est tout simplement magnifique ! Forcément, le temple que nous visiterons ensuite nous paraitra un peu moins fini, mais il n’en demeure pas moins que le temple de Banteay Samre offre aussi de belles pièces, comme cette fresque avec des éléphants enveloppant une déesse de leur trompe. Là encore, nous serons quasiment les seuls avec cette douzaine de petits gamins jouant à cache-cache entre les colonnes. Ils se sont toutefois arrêtés pour venir entourer Maëlys et tenter d’attirer son attention ! Choupinette était alors, surtout attirée par les petits cailloux ! Sur le chemin du retour, nous nous arrêterons rapidement pour grimper en haut du temple de Preah Rup. Ce sera notre dernière visite à Angkor pour aujourd’hui. Nous avons quand même encore un peu d’énergie pour aller refaire un tour au marché. Certaines boutiques sont fermées du fait des festivités du jour de l’an, mais cela ne nous a pas empêché de faire encore quelques achats. Aïe, on commence à accumuler pas mal de choses ! Retour à l’hôtel et... plongeon dans la piscine, bien abritée donc assez rafraichissante, un régal ! Maëlys, ravie, sera même entourée de petits enfants ! Remède simple mais efficace pour se remettre sur pieds !  Dimanche 13 AVRIL 2008 « Splendeurs d'Angkor Wat et du Bayon »
1ère journée sur les sites d’Angkor. Nous retrouvons de très bonne heure (6 heures) notre tuk-tuk afin d’éviter la chaleur (ou plutôt de retarder le moment où elle va nous tomber dessus) et la grosse foule qui se presse sur ces sites qui ont accueilli l’an passé 2 millions de visiteurs (en augmentation régulière). Impossible de décrire tout ce que nous avons vu au cours de cette première journée. Ce fut une journée extraordinaire de perpétuel émerveillement. Programme chargé avec au lever du soleil le fameux Angkor Wat, temple emblématique avec ses 5 tours reconnues dans le monde entier. Un premier choc donc du fait du gigantisme, de la complexité des galeries, de l’aspect massif et à la fois travaillé à l’extrême des pierres, des innombrables fresques et sculptures. Il y a encore peu de monde et on peut en profiter pleinement. Après près de 3 heures de visite, la foule est « enfin » là. Il est temps pour nous de poursuivre vers l’ensemble d’Angkor Thom et d’abord le mystérieux et loufoque Le Bayon. Une montagne minérale composée de pas moins de 48 tours, chacune d’elle aux quatre visages. Un enchantement loin de tous nos repères architecturaux. Sentiment de masse et de finesse, beauté qui étonne et mystère qui intrigue. Un grand moment pour ce qui sera probablement notre site préféré d’Angkor. Il est déjà près de 11 heures et les hardes de touristes sont là dont beaucoup de cambodgiens en ce jour de nouvel an (de plus l’accès aux sites est gratuit pour eux). On est tellement séduit qu’on projette de revenir demain à la première heure pour savourer le site en toute intimité. Cela fait bientôt 5 heures que l’on piétine et il reste tant à voir. Imaginer faire Angkor en un jour est un sacrilège. Juste à côté de Le Bayon se trouve d’autres sites de l’Angkor Thom, un porche d’entrée monumental, des temples en forme de pyramide et une esplanade avec des fresques et bas-reliefs extraordinaires (éléphants, têtes diverses…). Malgré la chaleur écrasante on est enivrés et on poursuit en Tuk-tuk vers le site de Ta Phrom. Nouveau site grandiose mais beaucoup moins restauré celui là. La végétation y fait encore la loi avec ses immense fromagers dont les racines tour à tour brisent les pierres, font écrouler les galeries ou, au contraire les soutiennent. Une ambiance qui permet de se mettre un temps dans la peau des explorateurs français du milieu du 19ème siècle lorsqu’ils ont redécouvert Angkor. Conclusion d’une première journée de visite (et alors qu’il reste tant à voir) : Angkor restera sans aucun doute le temps fort culturel de ce tour du monde. Un ensemble extraordinaire, sans équivalent de par le monde, magique, où se combinent puissance, démesure et finesse extrême. A faire absolument une fois dans sa vie. Nous rentrons à l’hôtel tout poussiéreux et à la limite du coup de chaleur. Heureusement que les liaisons en tuk-tuk permettent d’avoir de l’air. Heureusement surtout que nous pouvons profiter à notre retour de la jolie petite piscine de l’hôtel. Tout le monde au bain donc et Maëlys n’est pas la dernière à se faire prier (sauf pour sortir). Samedi 12 AVRIL 2008 « Route pour Siem Reap et Angkor »  Il est 6h50 et nous sommes dans un tchouk tchouk avec tous nos bagages, pour rejoindre la station de bus. Nous nous attendions à retrouver un vieux bus et bien non ! La bonne surprise du matin est que, cette fois, nous aurons un bus pas trop mal, avec une vraie clim ! Et nous aurons même droit à un chauffeur et une hôtesse aux couleurs de la compagnie, vert et blanc, et bouteille d’eau assortie en prime !! Nous réaliserons bien vite notre chance, car en ce début de week-end et surtout en cette veille de plusieurs jours fériés du fait du jour de l’an khmer, autant dire que la sortie de la ville s’est accompagnée d’un immense embouteillage. Il faut dire que cet événement est très important ici : c’est le moment où une grande majorité des Cambodgiens va rejoindre sa famille dans les campagnes en empruntant tous les moyens de transport possible. Les minibus tout comme les petits camions sont remplis ou plutôt bourrés, de sacs et de passagers. Nombreux sont ceux qui s’entassent sur les bagages sur les toits et il n’est pas rare que le chauffeur se retrouve avec un (ou plutôt une, passagère sur ses genoux. Bonjour la sécurité !! Les bagages se partagent le coffre avec toutes sortes de choses, même des motos dont seules les roues avant tiennent sur le véhicule. Folklo tout ça ! Maëlys, imperturbable, s’en tiendra à ses coucous à travers la vitre, à tous les passagers en plein air !  Le trajet sera bien long, au total, 7h30 de bus ! Autant dire une bonne partie de la journée. Nous aurons eu quand même 2 pauses pour les ravitaillements, l’occasion pour nous de gouter certaines spécialités, grâce à nos voisins. Cependant, autant les riz fourrés dans des feuilles de bananier ou des bambous, on est prêts à tester, autant les cigales ou les mygales sautées, ça, sans façons ! Une fois enfin arrivés à Siem Reap, nous sommes très vite alpagués par des rabatteurs pour nous proposer un hôtel. « Désolés, nous avons déjà ce qu’il nous faut ». Notre chauffeur pour ces jours, recommandé par Raphaël (ex copain de ma cousine Marie, qui vit à Siem Reap) est là pour nous accueillir. Il nous dépose à l’hôtel et après une mise au point de notre programme pour notre séjour ici, nous n’aurons qu’une idée en tête, Maëlys incluse : la piscine !! Oui, cette fois, nous avons opté pour une guest house simple, mais avec une petite piscine car la visite des temples d’Angkor par cette chaleur promet d’être assez fatigante, donc… Maëlys a vite repris ses bons reflexes de Bali avec son lycra et ses jouets ! Après cette pause rafraichissante, nous sommes allés faire un tour au marché, où, il faut le dire, nous nous sommes laissés tentés par de beaux objets en argent. Mais après une vrai négo ! On ne saura d’ailleurs pas si nous avons conclu l’affaire à un bon prix…. Cela fait partie du jeu ! Nous dinerons ensuite dans l’un des petits restos de l’une des ruelles remplies de bar set resto, bien sympa, et pas remplies de touristes (on a la grosse chaleur, donc, au moins, on n’a pas trop de touristes !). Retour à l’hôtel, dernier bain avant d’aller nous coucher car demain, nous devons être prêt à l’entrée à 6h du mat !
Vendredi 11 AVRIL 2008 « Musée du crime génocidaire » Il y a 30 ans le Cambodge s’enfonçait un peu plus dans la barbarie, entraînés par Pol Pot et sa clique (encore de sombres personnages passés par les bancs de l’université française et à avoir fréquenté certains cercles intellectuels). Difficile de visiter le pays en occultant cette tragique période. Nous nous rendons donc en début d’après-midi au Musée du crime génocidaire. Cette ancienne école devint la prison la plus célèbre du Cambodge du temps des Khmers Rouges. 15.000 personnes y seraient passé, y auraient été torturées et y seraient mortes. On n’y dénombre que 7 survivants, libérés à la chute du régime. Dans les anciennes salles de classes s’étalent sans fin les photos format identité des pauvres victimes : hommes, femmes, enfants ou vieux, le régime ne faisait pas de distinction. Le port de lunettes par exemple était passible d’emprisonnement et de mise à mort. En effet, celui qui porte des lunettes et quelqu’un qui en a besoin pour lire, et s’il lit c’est donc un intellectuel. Il est donc dangereux et antirévolutionnaire. CQFD. Les bâtiments ont été laissés en l’état, avec pièces cellule minuscules, barres pour les chaines, instruments de torture, potences et règlement inique à l’encontre des prisonniers… pas très gaie comme visite mais cela fait parti des choses à faire. On terminera l’après-midi sur une note plus joyeuse en retournant arpenter le marché « russe ». Aline est encore en mal de souvenirs et c’est l’endroit rêvé. Nous en repartons encore une fois le sac rempli. Nous dinons de bonne heure dans un petit resto car demain nous devons nous lever tôt pour prendre le bus pour Angkor. Jeudi 10 AVRIL 2008 « Plage et retour à Phnom Penh » Il est à peine plus de 8h et il fait déjà bien chaud, ça promet pour la suite ! Allez, tournée d’écran total pour les filles et en voiture ! Ou plutôt, en selle ! Nous montons toutes les 2 sur le scooter avec Jérôme au volant (rien d’anormal ici ! au contraire !) Par contre, contrairement aux locaux, nous enfilerons un casque, c’est plus sûr ! Nous commencerons par parcourir cette petite ville assez calme, surtout du fait du trafic, beaucoup moins dense qu’au Vietnam. Nous nous arrêterons d’abord au marché, où nous semblons être les rares touristes qui s’y aventurent ! Il fait vraiment lourd sous ce grand espace couvert, où les allées sont très étroites. Au milieu des stands de fringues, accessoires et ustensiles de toutes sortes, se dressent des tables et des bancs déjà bien occupés. Pour beaucoup, c’est l’heure du petit déj, bien que, vu le contenu des assiettes, cela ressemble plus à un repas, pour nous occidentaux : riz, légumes viandes ou poissons… c’est vrai que nous n’avons pas l’habitude ! Du côté de l’alimentaire, au-delà des fruits et légumes, il y a les vendeuses de poissons et crustacées. Il y en a pour tous les gouts et, même s’il règne une odeur un peu forte, le tout semble assez frais. 2ème étape, les grottes à quelques kilomètres de Kampot. Sur la route, nous avons pu apercevoir de nombreuses maisons en bois su pilotis, autour desquelles évoluent chiens, vaches, poules et cochons. Tout ce petit monde semble aller et venir paisiblement, sans que cela ne gène qui que se soit ! A quelques mètres de la 1ère grotte, nous sommes accueillis par un petit garçon : « Hello, would you like a guide ? I can be your guide ! ». Allez, on te suit ! Très vite, d’autres petits gamins se sont joints à nous, espérant sans doute avoir aussi leur petit billet… Bon, à dire vrai, mis à part la fresque à l’entrée de la grotte et le petit autel dédié à Bouddha, cette grotte n’a rien d’exceptionnel. Mais bon, en même temps, notre guide du jour était bien fier de nous montrer les curiosités de la roche où l’on eut voir les traits d’une tête d’un lion, voir d’un dragon en cherchant bien ! La deuxième grotte, dite la grotte de l’Eléphant Blanc, un peu plus loin, se niche en haut d’un temple aux couleurs chatoyantes. Par contre, ne vous attendez pas à voir une grande statue de ce bel animal : il y a certes 2 éléphants blancs, mais ces derniers sont finalement touts petits… Cela dit, peut êtres sommes nous un peu trop critiques après avoir vu d’autres grottes, plus impressionnantes durant ces derniers mois ?
Notre dernière étapes de la matinée se situe à 1/2h de Kampot, à Kep : une petite station balnéaire sans prétention, au bord de la plage où les locaux aiment se retrouver à l’ombre, sur les nattes en osiers, pour déguster des crabes et autres crustacées. Nous sommes d’abord allés sur la plage, histoire de tester l’eau de la mer. La sensation est limite étrange tant la température au bord est chaude, comme dans un bain. Il nous faudra aller bien plus au large pour sentir un peu de fraicheur. Autour de nous, quelques cambodgiens se baignent et les rares cambodgiennes qui les accompagnent sont entièrement habillées. Je garderai donc mon t-shirt, histoire de ne pas « trop » dénoter ! Jérôme nous laissera ensuite pour retourner à Kampot rendre le scooter. Nous le retrouverons plus tard, à bord du bus qui nous ramènera à Phnom Penh. Entre temps, Maëlys a retrouvé les joies de la plage où elle adore jouer avec le sable, sans aucun autre jouet… Le retour vers la capitale sera quand même assez long avec un peu d’embouteillages. On passera donc notre après-midi dans le bus ! Fin de journée tranquille, avec massage pour Jérôme à 2 pas de chez Marie. Dîner dans le quartier, lecture et au lit ! Mercredi 9 AVRIL 2008 « Cap au Sud, Kampot et la côte »
Cap au sud… Partis tôt ce matin, nous arrivons après plus de 4 heures de bus (130 km) à Kampot, petite bourgade endormie proche de la mer, qui commence à être prisée par les expatriés et quelques routards pour son « charme » colonial désuet et surtout assez délabré. Kampot était autrefois connu à travers le monde pour son poivre, servi dans les meilleurs restaurants. En route, le bus a quitté l’asphalte pour la piste et traversé la petite station balnéaire de Kep. Il ne reste des belles demeures du temps des colonies que des ruines, souvent réduites aux fondations. La guerre, les Khmers Rouges ou tout simplement la population miséreuse en quête de matériaux ont prélevé leur dîme. Il fait une chaleur étonnante en arrivant à Kampot et la ville semble comme désertée des se habitants. Pas d’hôtels ici, seulement quelques guesthouses tenues en général par des occidentaux échoués là, un peu comme on s’arrête au bout du monde. Pas grand-chose à faire à vrai dire, à part l’excursion vers l’ancienne station d’altitude de Phnom Bokor. Mais cela requiert une journée entière dans des conditions de route et de chaleur trop difficiles pour emmener Maëlys. Ce sera pour une autre fois. Pour ne pas rester scotchés, je pars en ville louer un scooter à la journée. Bien que ce ne soit pas obligatoire je prends quand même les casques. Et nous voilà tous les trois sur les petites routes de campagne, Maëlys assise en sandwich entre nous. De vrais cambodgiens, sauf que l’on est que 3 alors qu’eux sont souvent 5 où alors transportent un cochon, ou bien toutes sortes de marchandises.
La campagne est assez verte, peut-être la proximité du littoral. Au bout d’une dizaine de kilomètres nous arrivons aux chutes de Tek Chhouu, lieu de baignade très prisé des cambodgiens. Pas de chute en vérité mais quelques « rapides » pas très rapides en cette saison sèche. Nous sommes les seuls « blancs » et on nous regarde nous baigner avec une certaine curiosité. L’eau est trop chaude et pas très claires mais cela fait quand même du bien. Retour en ville où il fait toujours très chaud. Je garde Maëlys tandis qu’Aline part se faire masser dans une institution pour aveugles (4$ de l’heure !). On en trouve beaucoup au Cambodge, un moyen pour eux de faire un peu d’argent et d’éviter la mendicité. Comme tout cambodgien qui se respecte, j’emmènerai en fin de soirée ma petite famille pour un tour à scooter en ville, puis nous dinerons à la table d’un guesthouse bien plus sympa, moins cher et plus fréquenté que celui où nous avons échoué. Mardi 8 AVRIL 2008 « Le marché russe, le Musée National et le Palais royal » Ah, vraiment chouette ce marché, appelé le marché russe (car très fréquentés par les russes à l’époque vietnamienne. Même si nous n’en avons vu qu’une partie (nous comptons bien y retourner !!), nous avons bien apprécié, et pas seulement moi ! On y trouve de tout, outre la partie alimentaire, il y a surtout le reste, c'est-à-dire de l’artisanat local, surtout à base de tissus, des fringues, même encore griffées Gap, Banana Republic, Calvin Klein, H&M et j’en passe : il s’agit là de « queues de productions » non vendues aux marques et écoulées ici, des sacs, chaussures, etc… il y a même des stands d’artisanat de « commerce équitable ». Bref, mis à part la chaleur étouffante au milieu des allées très étroites, on a adoré et on a est reparti le sac rempli ! Puis, nous sommes allés retrouver Maris, qui a pu se libérer pour nous faire la visite du Musée National des Beaux Arts. Déjà, le bâtiment en lui-même, est superbe, avec ses briques rouges. Il a été construit par les français dans les années 20, en respectant le style local. Et à l’intérieur, sont réunies de nombreuses belles pièces qui viennent, pour la plupart, d’Angkor. On a pu ainsi admirer de nombreux bouddhas et autres divinités et je dois dire qu’avec les explications de Marie, nous avons pu apprécier ces trésors à leur juste valeur !
Après une pause déjeuner, nous nous sommes rendus au Palais Royal, cet immense domaine en centre ville dont une large partie est encore occupée aujourd’hui par la famille royale. Même si son édification n’est pas très ancienne (début du siècle), il n’en demeure pas moins assez impressionnant, notamment la salle du trône, avec ses statues en or tout comme le trône lui-même. Les autres pavillons valent également le coup d’œil, comme la Pagode d’argent avec ses 5000 dalles d’argent pesant chacune 1kg. Et puis les superbes statues de bouddhas, une centaine apparemment, sculptées dans des métaux précieux : en argent, en jade ou en cristal. Le plus imposant reste quand même ce bouddha, grandeur nature, toute en or, incrustés de plus de 2000 diamants, dont un de 25 carats… si peu !! Maëlys n’a pas forcément été sensible à tout ça, mais elle se régalera à déambuler autour de toutes ces belles pièces ! Nous sommes rentrés en fin de journée, ravis de notre journée, mais tout aussi contents de retrouver un peu d’air (merci la clim) et une bonne douche ! Nous irons ensuite retrouver Marie, son copain Matt et son amie d’enfance Nina. Pour cette dernière soirée passée ensemble, ils nous emmènerons dans un resto discret mais bien agréable avec sa terrasse au milieu de la verdure. C’est quand même bien sympa de pouvoir ainsi sortir au resto, en changeant à chaque fois d’ambiance et sans se soucier de son porte monnaie, vu les tarifs bien inferieur à ceux pratiqués en France ! Ca nous fera tout drôle en rentrant ! En attendant, nous avons passé une bien agréable soirée ! Lundi 7 AVRIL 2008 « Journée à Phnom Pehn » Quel con !… Il n’y a pas d’autre mot pour désigner l’employé du consulat d’Inde en charge des demandes de Visa. Nous nous y rendons en milieu de mâtinée et bien sûr nous poireautons 20 minutes avant que ce dernier ne daigne se montrer. Tout ça pour se voir dire que le bureau va bientôt fermer et qu’en conséquence nous devons repasser le lendemain. Ce qui signifie concrètement que nous n’aurons pas les visas avant une semaine. La tuile car nous n’avons aucune intention de traîner plus que nécessaire à Phnom Penh. On insiste un petit peu et on se fait renvoyer sèchement avec des formules du styles : « ce n’est pas mon problème, vous n’aviez qu’à vous lever plus tôt ». A baffer vraiment, mais il semble que ce soit souvent la croix et la bannière dès que l’on veut un visa pour l’Inde. Allez comprendre. Finalement, on abandonnera l’idée de faire le visa ici et on s’arrangera pour les faire à Bangkok. On repart énervés en centre ville retrouver Marie pour déjeuner dans un sympathique resto avec terrasse et jardinet. Petits plats khmers très fins et ambiance sympa.
Nous reprenons ensuite un tchouk-tchouk et nous rendons visiter le marché central. Dans un grand bâtiment Art Déco bien défraichi, se retrouvent à la fois l’alimentaire, le textile, et toute sortes d’autres articles dont certains pour touristes. Intéressant mais sans plus et puis si Aline continue à beaucoup apprécier, je commence de mon côté à un peu saturer de marchés. Pour terminer l’après-midi en douceur nous nous retrouvons autour d’une piscine d’un hôtel. Cela fait un bien fou avec la chaleur difficilement supportable de l’après-midi (il fait près de 40° et le soleil cogne dur). Maëlys est excitée comme une puce et s’en donne à cœur joie dans le petit bassin où elle restera bien une heure. Pour dîner, Marie nous emmène dans le resto japonais de Phnom Penh. Très correct mais avec des prix exagérés. Maëlys elle, est heureuse, et en fout partout. Dimanche 6 AVRIL 2008 « Bamboo train et retour à Phnom Pehn » Ah, même si nous n’avons pas eu de grasse mat, nous avons dormi profondément, c’est déjà ça ! Et puis aujourd’hui, nous ne sommes pas pressés par le temps… Après le p’tit déj, un peu de lecture, etc, nous retrouvons Marie et Matt, avec qui nous partons découvrir un peu le coin. Il fait déjà très chaud et la petite averse du matin semble déjà bien loin ! Avant de commencer notre visite, nous négocions le prix du trajet avec le conducteur du tchouk-tchouk, qui n’hésitera pas à nous annoncer des tarifs assez élevés, comme le ferait tout autre chauffeur à sa place. Mais la négo fait partie du jeu et nous nous mettons d’accord sur un prix… Il nous déposera d’abord à la Pagode de l’Eléphant Blanc, ce temple qui fait partie des plus beaux du pays ayant survécut aux désastres des Khmers Rouges. Il n’a pas été restauré comme beaucoup de temples, ce qui lui donne un réel charme avec ses statues aux peintures naïves d’éléphants (of course !) mais aussi du futur Bouddha, lorsque qu’il découvre que la vie est souffrance, à travers la vision d’un malade, d’un pauvre, d’un vieillard et d’un mort… 
Après cette visite culturelle, nous ferons une étape assez folklo : The Bamboo Train. Plus qu’un train, il s’agit en fait de planches de bois montées sur des essieux et sur lesquelles sont bricolés de sortes de petits moteurs, style tondeuses à gazon ! Le tout y est assez sommaire, mais la balade sur l’engin (cela nous fait penser aux films de Kustorica !) nous tente bien. Nous embarquons donc tous les 5, avec un parapluie reconverti en ombrelle pour Maëlys car le soleil tape fort ! Le trajet aller dure bien 20 bonnes minutes pendant lesquelles nous traversons la campagne qui semble déserte comparée au Vietnam où les habitations se suivent de près ! Nous sommes bien surpris par la vitesse de ce drôle d’engin. C’est un peu tape cul mais s’est assez drôle comme traversée ! Une fois arrivés au petit bourg, dont on fera vite le tour, ne s’agissant que de quelques maisons regroupées – nous sommes allés voir de près la briqueterie et surtout ses hauts fours. Bien que personne n’y travaillait lors de notre passage (pause, dimanche, ou ??) nous avons croisé quelques villageois et plusieurs enfants (à ce propos, les enfants d’ici sont vraiment mignons) - la plupart du temps avec le sourire ! Maëlys a toujours son succès auprès des locaux, mais ici, ils ont des réactions un peu moins vives et bruyantes qu’au Vietnam ou en Chine, c’est déjà ça ! Et puis avec son petit air d’ange, on lui pardonne tout : au resto par exemple, même si elle est parée d’une serviette tablier, elle s’en met partout et surtout, elle en met un peu partout, tenant absolument à manger seule, avec la cuillère. Ce qu’elle ne maitrise pas encore, mais cela amuse les serveurs et serveuses, qui nous répètent toujours, « oh, it’s ok, no problem !! ». Nous retrouvons le reste du groupe en début d’aprèm et après un bon moment d’inertie (effet groupe oblige !) nous décollerons vers 14h30 pour 4-5h de minibus. La soirée sur Phnom Pen sera assez calme, avec un dîner rapide à deux rues de chez Marie, et un bon bouquin... Samedi 5 AVRIL 2008 « Festival international du cirque de battambang »
Rendez-vous à été donné au… « Rendez-vous », le café en bas de chez Marie. Il est 7 heures et nous sommes les seuls à être à peu près à l’heure. Les autres arrivent au fur et à mesure et, sans doute l’effet des soirées de la veille, nous ne décollerons que vers 8 heures. Direction Battambang, ancienne capitale du royaume Khmer, située à 300 km au nord-ouest de Phnom Penh et où se tient ce week-end un festival international du cirque. Marie a affrété un mini-bus et à bord, presque tout le monde dort. Le paysage défile lentement, au rythme des carrioles invraisemblables que nous dépassons : mobylette avec un casier derrière pour transporter un gros cochon ; genres de tracteurs avec une remorque à ciel ouvert où s’entassent un nombre impressionnant de cambodgiens de tous âges ; pick-up fatigués, aux essieux arrières renforcés sur lesquels s’agglutinent des grappes humaines, y compris sur le toit conducteur… Le paysage n’est pas aussi enchanteur qu’on pouvait l’espérer. D’une part, hormis quelques collines, tout est désespérément plat et d’autre part, tout est sec, les rizières sont asséchées car on est en pleine saison chaude. Pas de vert tendre intense donc. En revanche, la campagne à l’air fertile et on un sentiment d’espace (du fait d’une moindre surpopulation) qui n’existe pas au Vietnam. Les villages sont aérés, les maisons le plus souvent à l’écart de la route, en bois et sur pilotis (bien plus sympa que les horribles enchaînements de blocs bétonneux qui sont légion au Vietnam) et partout, mais alors partout, (devant presque chaque maison) les panneaux des partis politiques, principalement ceux du Parti Populaire Cambodgien de l’actuel premier ministre Hun Sen (ancien commandant Khmer Rouge…). Nous arrivons à Battambang avec sa rangée de maisons coloniales en bordure de la rivière. Marie nous a réservé une chambre dans l’étape charme de la ville : « La Villa », une ravissante maison coloniale avec un joli bar et une belle véranda. Il fait très chaud et lourd et après un déjeuner simple on va faire une sieste en chambre. En fin d’après midi on marche un bon moment avant de rejoindre tout le monde là où se tient le spectacle de cirque. Il y a pas mal de monde, dont un nombre assez important d’expatriés. Au programme notamment ce soir, un artiste vietnamien qui joue de la musique avec toute sorte d’instruments de son invention et la troupe du cirque national du Cambodge avec trapézistes et étonnants contorsionnistes Maëelys apprécie et applaudi même à certains numéros. Dîner ensuite dans un resto sur le bord de la rivière. Le cadre est sympa mais les prix sont assez élevés (constante au Cambodge où paradoxalement les prix dans les restos sont plus élevés qu’au Vietnam). Vendredi 4 AVRIL 2008 « Entrée au Cambodge par le Mékong » 
De nouveau un réveil assez tôt et dire que Maëlys dort encore.. et que nous aurions bien aimer dormir un peu plus pour enfin récupérer. Bon, en même temps, nous ne sommes pas les seuls à devoir nous lever, n’est-ce pas ? Allez, on descend les valises pour rejoindre l’embarcadère pour l’Express Boat avec lequel nous passerons la frontière pour aller au Cambodge. Le pick-up étant inclus dans le prix, nous ne nous soucions pas de la chose. Nous nous retrouvons au pied de l’hôtel, nos valises en train d’être chargées sur un vélo tchouk-tchouk. Forcément, cela prend pratiquement toute la place. Résultat : je me glisse dans le mimi espace restant au bord du chargement, avec Maëlys sur les genoux tandis que Jérôme monte à l’arrière d’un scooter avec le réceptionniste de l’hôtel. Allez hop, on est parti ! Le bateau avec lequel nous ferons la traversée n’est pas très grand et nous serons une vingtaine à bord (que des touristes), et notamment un autre couple de français, avec une petite fille, Lilou, de 21 mois, une copine pour Maëlys. Elles ne joueront pas beaucoup en semble mais commenceront doucement à s’observer et à aller l’une vers l’autre… Notre Express boat ne se révèlera pas vraiment express, au début surtout, d’autant que les arrêts à la frontière pendront pas mal de temps, paperasse oblige ! En même temps, l’étape au poste vietnamien a été assez folklo ! Déjà, à peine notre bateau a-t-il accosté qu’une bande d’enfants est montée à bord, pour nous proposer toutes sortes de boissons, snacks et bananes ! On a même pu échanger des devises auprès d’une vietnamienne qui transportait une liasse de billets assez impressionnante !
Au bout d’une bonne demie heure, nous pensions repartir, et bien non, on nous fait savoir qu’il faut débarquer tous les bagages, les monter en haut de la montée terreuse qui mène au poste, pour check-up. Les petits gamins se sont empressés de prendre sur leur dos les sacs afin de gagner quelques sous (ils se révéleront plus que gourmands à réclamer des dollars et à bouder le reste !). Heureusement que le check-up s’est résumé à un passage sous un scan roulant et non à une fouille globale, nous y aurions passé la journée ! L’arrêt à l’entrée du Cambodge durera aussi un moment, mais là, c’est nous qui avons été invités à débarquer et à attendre tranquillement à l’ombre des arbres dans une cour bien calme… Puis, enfin, notre bateau actionnera l’accélérateur, pour 3 bonnes heures et nous arriverons à Phnom Penh, sous un soleil bien puissant. Par chance, Marie (une autre cousine Caillat ;-) qui vit ici depuis plus d’un an, habite à deux pas du quai et nous a rejoints très rapidement. Elle habite dans une sorte de multi appart, qui regroupe plusieurs grandes pièces sur 2 étages d’un immeuble et nous a réservé la suite royale, une grande chambre avec sa salle de bain privée, de quoi être bien à l’aise ! Grace à elle, nous réussissons à avoir un RV avec une pédiatre l’après-midi même pour s’assurer que Maëlys n’a qu’un rhume assortie d’une grosse toux. C’est effectivement le cas et nous repartons avec un bon sirop en plus des antibios et surtout, nous sommes rassurés car dans les semaines qui viennent, nous ne serons pas souvent dans des grandes villes… La fin de la journée sera assez soft, avec surtout de bonnes douches rafraichissantes. Puis, nous partons tous ensemble pour aller dîner, en prenant un tchouk tchouk moto. D’ailleurs, mis à part ces engins et des scooters, on ne verra aucun taxi voitures ! Par contre, le trafic est vraiment moins dense qu’au Vietnam, ce qui n’est pas désagréable ! Nous avons dîné dans un resto thaï, très bon, bien qu’assez épicé pour certains, où nous avons retrouvé nos compagnons de voyage et leur petite fille. Ils sont bien équipés pour dîner tranquillement : le mimi portable avec des DVD de dessins animés pour occuper la petite ! Maëlys découvrira la chose avec intérêt, tout en acceptant les cuillerées de soupe de la maman ! Nous finirons la soirée en retrouvant des copains de Marie à une crémaillère dans un appart proche. Maëlys a même été la seule à danser et à battre le rythme avec sa tête, une vraie fan de rock ! Par contre, nous ne suivrons pas le mouvement pour une autre soirée, plus tard, la fatigue commençant à se faire bien sentir pour tous les 3 ! |